jeudi 13 mai 2010
Pour en finir avec le prix des libraires 2010
samedi 26 septembre 2009
Falardeau

C'est ce que j'ai fait. J'en ai encore une copie ici. Mais vous n'en avez plus besoin. La courte vidéo est au bas de cette page-là. Ça fesse encore.
Note: J'ai copié telle quelle la note de la cassette vidéo, avec les fautes du site de Falardeau). Je crois qu'elles étaient sur la cassette il y a 20 ans.
Ensuite, j'ai vu le premier Elvis Gratton. Comme pour le reste de son oeuvre, comme pour le reste du bonhomme, les gens n'y ont vu que l'arbre qui cache la forêt.
Pour plusieurs, Falardeau était un indépendantiste vulgaire qui aurait mérité un cours de mise en marché. Pour moi, il a été un défenseur universel des petits peuples qui se font manger par les grands, un résistant dans la plus pure définition du terme. Il était aussi brut, râpeux, dépourvu de fard, souvent enragé, parfois découragé de se faire poser les mêmes questions, de se faire balancer les mêmes accusations par des gens incapables de saisir les idées entre les tabarnaks du désespoir.
Je l'ai croisé des dizaines de fois sur la rue, et malgré l'envie, je ne suis jamais allé lui parler (je suis con de même), lui dire ce qu'il avait réveillé chez moi, lui dire que j'avais amené une amie finlandaise qui ne parlait pas français voir son film « 15 février 1839 » en version sous-titrée anglais, lui dire que cette amie y avait pleuré et qu'elle m'avait dit, à la sortie, qu'elle comprenait maintenant les raisons du mouvement indépendantiste québécois. Lui dire enfin que si son message avait passé avec une Finlandaise et avec moi, on ne devait pas être les seuls.
Je n'ai pas toujours été en accord avec tout, mais il ne le demandait pas; il aimait trop la discussion pour ça.
Falardeau. À ce pays où tout le monde se tait pour ne pas faire de chicane, à ce pays où encore souvent l'on fonctionne dans la langue d'un autre «d'un coup» que l'un de nos collègues n'est pas francophone, à ce pays qui a tout pour l'être mais qui se le refuse de peur de trébucher, tu manqueras. En tabarnak.
vendredi 28 août 2009
Les Voleurs
samedi 13 juin 2009
Red Wings, champions de la coupe Stanley 2008-2009 (ou une des milliers de faces cachées de la société de consommation)
Bien que j'y participe rarement, j'aime bien les joutes sportives pour ce qu'elles ont de rassembleur. Ces moments où des humains se surpassent pour des futilités (pousser un morceau de caoutchouc derrière une ligne à l'aide d'un morceau de bois par exemple) permettent à une foule de personnes d'assouvir leur appétit grégaire et belliqueux en criant bêtement des ritournelles accrocheuses à trois notes.
Hier, c'était la finale de la coupe Stanley. Une vraie joute dont on n'a connu le vainqueur qu'à la toute dernière minute, littéralement. Quand la fin du match fut annoncée, la place fut envahie de casquettes et de chandails aux couleurs des gagnants. Pas seulement pour les joueurs mais aussi pour les spectateurs. Chaque fois, ça provoque un malaise chez moi : comme il est impossible de connaître l'identité du vainqueur et que tout le bataclan sort des boîtes dans la seconde suivant la sirène, les marchands doivent donc se préparer à toute éventualité, ce qui signifie imprimer des casquettes, des chandails et dieu-sait-quoi à l'effigie des deux équipes.
Que se font-ils avec la moitié du stock soudainement invendable ?
J'aimerais beaucoup croire qu'il y a quelque part sur la planète une tribu qui a pour garde-robe des vêtements qui relatent le contraire de l'histoire des finales du sport professionnel, mais je ne suis pas naïf.
jeudi 4 juin 2009
Lali Lala Lali Lala Laliberté d'expression
J'ai beau essayer de raisonner, je ne sais pas quoi penser de cette non-nouvelle
Tout d'abord, je tiens à souligner que je n'ai rien pour les voyages spatiaux (ces missions trop souvent militaires qu'on cache sous une cape de recherche scientifique supposément essentielle à l'humanité) et que je n'ai rien contre Guy Laliberté. Le gars est riche et ressemble à Patrick Dion ? Grand bien lui fasse. En fait, pour être honnête, je m'en fous pas mal. Mais bon, on jase... Alors jasons.
A priori, il n'y a rien de méchant dans le voyage spatial de Laliberté, si ce n'est qu'il semble en contradiction avec ses œuvres humanitaires. Ce qui me surprend, c'est qu'il y en ait qui s'en surprennent : je ne connais pas d'environnementaliste qui ne commet de gestes qui vont à l'encontre de ses sermons. Ceux de Laliberté ne sont qu'à sa mesure.
N'empêche que plusieurs critiquent le geste, et plusieurs personnes le défendent.
De ce que j'ai lu ici et là, voici les 2 principaux arguments de la défense :
1- C'est son argent, il peut en faire ce qu'il veut.
Vrai. Sauf que cet argument appliqué à tout un chacun mène là où on est rendu aujourd'hui. On a l'argent, on achète ce qu'on veut, la planète se meurt.
2- La fusée décollera avec ou sans lui.
Vrai aussi. Même chose avec les Hummer, les couches jetables et le Cheez Whiz : si ce n'est pas moi qui l'achète, quelqu'un d'autre le fera. En choisissant de payer son voyage en fusée, il envoie un message clair : il y a des gens riches prêts à payer le gros prix pour aller dans l'espace. Et pas seulement un : il y en a un tas de millionnaires. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'on voie apparaître des vols spatiaux strictement touristiques et des forfaits «ne payez avant 2020».
Il demeure toutefois difficile de condamner Laliberté. Combien d'entre nous résisterions à l'appel d'une telle aventure si nous pouvions nous le permettre ?
Mais là où le débat devient plus intéressant, selon moi, est quand on le ramène à notre échelle.
On remplace la fusée par l'avion.
On remplace les millions par quelques milliers de dollars.
On garde l'état environnemental actuel.
Alors...
Peut-on permettre à tous ceux qui ont l'argent de voyager autant de fois par année qu'ils le veulent ?
Oui, les voyages instruisent et enrichissent. Mais le trafic aérien est, notons-le, une des importantes sources de pollution. Ce dernier émettait, en 2000, autant de gaz à effet de serre que la France entière. Bientôt, ce sera l'équivalent d'un pays pas mal plus gros...
En cette époque où l'Inde et la Chine auront bientôt les moyens de voyager en masse, où le réchauffement de la planète est à l'aube de menacer l'existence humaine, ces questions méritent d'être posées. Et j'ai bien peur que dans l'état actuel des choses, la réponse sensée quant à l'utilisation des avions et des fusées ne plaira à personne, même à moi qui ai fait ma part de voyages et qui espère bien en faire quelques autres avant ma mort.
Cependant, parions qu'aucune mesure ne sera prise parce qu'il y a et aura toujours les deux arguments ci-haut.
vendredi 15 mai 2009
Ça me va comme à Gand
Depuis, je suis tranquillement revenu à la viande mais encore aujourd'hui, je n'achète pratiquement jamais de viande rouge, si ce n'est que dans les restos français où j'ai de la difficulté à résister à l'appel de la bavette à l'échalote.
Mes années de végétarisme (et non de végétation!) m'ont ouvert à de nouvelles cuisines, à de nouveaux ingrédients. J'y ai entre autres découvert l'existence du seitan, que le tofu pouvait être très bon s'il était bien apprêté, et j'ai été initié à de la bouffe indienne entièrement végé (Un délice! Petite plogue: Pushap. À l'époque, il n'y avait qu'un Pushap à Montréal et mes cheveux blonds roux ne passaient pas inaperçus auprès des habitués de la place...)
Tout ça pour dire qu'encore aujourd'hui, ce qui motive mes élans végétariens - plus modestes - est l'environnement. J'ai toujours dit que si tout le monde cessait de manger de la viande ne serait-ce qu'une fois par semaine, la planète ne s'en porterait que mieux et l'effet d'entrainement - ainsi que l'ouverture à d'autres mets et d'autres ingrédients - aidant, plusieurs passeraient d'un jour par semaine à deux, puis trois... L'humain resterait un omnivore, mais un omnivore responsable. Un jour sur sept, pour les amateurs de statistiques, c'est près de 15% de moins de cochons tués, de bœufs qui pètent, d'odeur de purin à supporter...
Et voilà que Gand ouvre la voie!
Quand Montréal, voire le Québec tout entier fera-t-il la même chose?
Comme dirait un ami qui habite maintenant la Belgique: parfois, la vie est belge!
mardi 12 mai 2009
La Norme et moi (ou comment garder modeste l'énorme)
Côté rectitude linguistique, je ne suis pas aussi intransigeant que je le parais. Oui, je m’amuse des erreurs et des coquilles d’autrui (comme des miennes !) quand elles sont drôles, quand elles ont un double sens ou une profondeur invisible au premier regard (et même au second…)
Je considère le respect des règles orthographiques et grammaticales de base comme une politesse élémentaire envers les autres et soi-même telle l’est une bonne hygiène personnelle. Mais au même titre que cette dernière, corriger à tort et à travers peut être indicateur d’une pathologie psychologique et peut gêner inutilement. Par désir que tout sente bon, on ne vaporise pas son parfum sur tout un chacun sans risquer d’incommoder les gens et d’éveiller des réactions allergiques. Aussi, trop de douche et de savon rend la peau sèche et ride prématurément.
Toutefois, je pardonne mal le fait de sentir le petit canard à la patte cassée en situation formelle (comme sur un menu ou dans un curriculum vitae par exemple)…
N’empêche que souvent, quoi de mieux qu’une entorse au code syntaxique, l’abus de parenthèses (Hé ! Hé !), un néologisme ou une orthographe oralisante pour s’assurer que notre langue n’est pas encore momifiée ?… Il faut se souvenir que le dictionnaire est un portrait de la langue, et non le contraire, ce qui complique grandement ma tâche quand vient le temps d’enseigner la langue, j’en conviens.
mardi 21 avril 2009
Les Misérables

Alors? Ça vous met la larme à l'œil, non? Son interprétation de la chanson «I Dreamed a Dream» des Misérables vaut le détour, hein? Le vilain petit canard qui devient un cygne?
Pourtant…
Sur le coup, c'est ce que j'ai cru aussi. Puis, j'ai relevé la garde.
Au-delà de ce public qui crie et applaudit à tout rompre sans réellement écouter Susan Boyle (quelqu'un peut me foutre dehors cette culture criarde et insupportable?), quelque chose en moi grimaçait. Et ça se déroule avant que madame Boyle ne chante.
Tout le monde (du moins c'est ce que laisse entendre la caméra), nous compris, se moque de cette femme. Parce qu'elle ne rencontre pas les critères de beauté de notre société, qu'elle semble avoir le double de son âge et qu'elle nous aparaît légèrement abrutie et peu dégourdie, imbue d'une assurance démesurée et ingénue.
Il y a quelques semaines, on discutait des enfants souffre-douleur dans nos écoles, de leurs insoutenables bourreaux, de l'exemple que ces derniers tirent d'on ne sait où. Et voilà cette vidéo. Une femme qui chante Les Misérables devant une salle comble de bourreaux, avec des caméras de bourreaux, regardée par des millions de bourreaux. Comme métaphore, on ne peut mieux!
Bien qu'elle remportera probablement le premier prix à Britain's Got Talent, Susan Boyle ne mérite pas de gagner; elle a chanté comme des centaines de jeunes femmes en sont capables. C'est plutôt nous qui méritons de perdre. Nous et nos préjugés préhistoriques. Nous et notre petit rire moqueur. Nous et notre soudain intérêt pour cette dame qu'on a depuis toujours rejetée.
La prochaine fois qu'elle montera sur scène, j'espère qu'elle nous crachera au visage.
Depuis le temps qu'on le mérite.
vendredi 27 février 2009
Eux et nous seuls pouvons...
Je vous raconte deux expériences.
J'ai dix ans. Je suis petit, peu musclé, un brin intello, mais sociable (du moins j'essaie). Depuis longtemps, un petit con m'écoeure. Appelons-le Robert. Ainsi, Robert n'en manque pas une: il se moque de moi en prenant les autres à témoin, il me pousse, il me provoque… Comme je n'ai pas appris à me battre, j'abdique toujours. Pire, j'endure. Puis un jour, je me tanne et je lui crie « Ta gueule, le singe!» (Ouuuuuuuhhhh... On voit très bien que je suis un violent dans l'âme. (Avis à ceux qui me cherchent)).
Robert me prend par le collet et me donne gentiment rendez-vous après l'école.
Chose promise, chose due, et alors que je marche tranquillement vers la maison en croyant faussement m'être sauvé de quelques bleus à bon compte, Robert et un accolyte (que je croyais un de mes amis!) m'attrapent par derrière et me foutent une douce raclée sous l'œil amusé d'autres élèves qui passent par là. Il faudra l'intervention d'un vieux monsieur (le croulant doit avoir 40-45 ans!) pour que cesse l'averse.
Mes parents portent plainte et le directeur d'école nous convie, Robert et moi, à son bureau. On est vachement intimidés. Surtout moi, le petit garçon modèle qui craint l'autorité et la déception de l'adulte. Le directeur nous demande ce qui s'est passé. Euh... Comment avoir conscience, à dix ans, des années d'intimidation, de leur rôle dans le déroulement des événements? Comment le raconter à quelqu'un de neutre qui ne nous connaît pour ainsi dire pas?
Le verdict tombe rapidement: comme j'avais traité Robert de singe, lui et moi étions quittes.
«Serrez-vous la main et retournez en classe.»
Le directeur ne pouvait pas savoir.
***
Seconde histoire.
J'ai onze ans. Toujours même gabarit, toujours même personnalité, sinon mieux ancrée.
Un morveux, fraîchement arrivé en ville et visiblement trimballé d'école en école depuis des années, me choisit comme souffre-douleur. Après tout, j'ai la tête de l'emploi et le biceps peu menaçant. Le morveux, appelons-le Luc, a une face à claques mais un certain charisme. Il n'a surtout peur de rien ni de personne (quand on change d'école aux années, c'est une question de survie), et ça attire son lot d'admirateurs craintifs.
Chaque fois qu'il me croise, c'est la jambette, le coup dans les côtes ou une autre trouvaille de l'art du combat. Chaque fois, ses disciples le trouvent drôle. Surtout Josée, Nathalie et Serge qui le suivent partout. Car c'est comme ça que ça fonctionne, les enfants: ils adoptent le comportement qui apparaît normal, qui est le moins menaçant. Les adultes aussi fonctionnent de cette façon.
Puis Luc disparait aussi soudainement qu'il est arrivé. Probablement pour une autre école, pour un autre souffre-douleur.
Imaginez: 30 ans plus tard, j'en veux encore à Robert. Et à Luc. Mais jamais autant qu'aux spectateurs qui, par souci d'acceptation ou par lâcheté, les ont laissé faire. Cependant, et c'est là où le bat blesse, c'est que ces derniers peuvent être n'importe qui; c'est lui, c'est elle, c'est vous, c'est même moi. On l'a TOUS déjà fait, même sans s'en rendre compte, même sans en avoir l'intention. Que ce soit par nos gestes, nos propos, nos silences, nos regards ou nos aveuglements volontaires. On a tous été victime un jour, bourreau l'autre, dans l'ordre ou le désordre.
On oublie que même dans notre regard d'adulte, les laissés-pour-compte semblent parfois avoir mérité leur rôle, et que le secret du Secret, où la bonne attitude attirerait la chance, vaut aussi pour son contraire, et qu'après quelques taloches, plusieurs se résignent et acceptent les suivantes comme on le fait avec une mauvaise météo. On oublie aussi que même dans le monde des grands, passer par dessus un ostracisme généralisé est incroyablement difficile, qu'on soit victime, bourreau, spectateur ou tout cela en même temps. Alors imaginons un peu ce que ça représente pour les enfants...
Tout cela pour dire qu'il n'y a pas de solutions faciles. On est tous impliqués d'une manière et de l'autre.
Il reste l'éducation. Et l'exemple. Surtout l'exemple.
À la lumière de ce qu'il se passe par les temps qui courent, il faut croire que ce dernier n'est pas terrible.
lundi 23 février 2009
pouet pouet pouet...
dimanche 22 février 2009
Coupez!
mercredi 18 février 2009
Petit pain et feuille de chou
Dès mon entrée dans le restaurant, ce possible jet de pierre m'a inquiété: il n'y a QUE des journaux de Montréal partout et les rares clients les lisaient sans sembler constater l'étendue des dommages. J'ai interrogé la serveuse d'un ton faussement débonnaire:
- Ça ne vous gêne pas que votre resto continue d'offrir le journal de Montréal?
La serveuse a semblé vraiment surprise de ma question. Je lui aurais demandé la couleur de son string qu'elle aurait trouvé cela plus normal.
-Pourquoi? a-t-elle dit en soupirant.
- Ben, euh… Ils sont en lock-out là-bas… ai-je répondu en pointant du regard le bout de l'avenue Mont-Royal.
- Ouain… C'est triste pour eux.
Elle a profité du silence pour me servir une tasse d'eau brune, puis a continué sur un ton vaguement exaspéré:
- Je connais pas bien les revendications. Je sais même pas qui a raison dans tout cela.
- Mais…
- Je préfère pas m'en mêler et continuer d'offrir le journal aux clients, Monsieur (sur le ton: ducon-enculeur de mouches). C'est ce qu'ils veulent lire le matin.
Je n'ai pas insisté. Par paresse. Je sais, ce n'est pas correct. J'aurais dû lui dire que c'est justement là qu'on se trompe.
D'accord, on ne connaît pas tous les enjeux du conflit qui se déroule au journal de Montréal. Pour nous, spectateurs externes, il n'est pas très important de bien les connaître. Mais continuer à acheter le journal N'EST PAS se tenir à l'écart du conflit: c'est encourager la partie patronale qui a décrété le lock out; c'est lui dire qu'elle n'a pas besoin de négocier, que son journal continuera de se vendre quand même; c'est lui dire qu'on est prêt à ingérer n'importe quelle merde qu'elle nous imprimera; c'est lui donner des moyens financiers et du temps qu'on ne donne pas aux employés sur le trottoir. Ce conflit est un siège mutuel. L'un tente d'affamer l'autre et le premier à mourir de faim perdra.
Certains gens veulent être neutres, soit. Mais la neutralité signifie qu'on ne nourrit ni l'un ni l'autre.
Si personne n'achetait ni ne lisait le journal de Montréal pendant quelques semaines, les négociations reprendraient. En faveur de qui: je ne sais pas. Mais il y aurait reprise d'un dialogue.
Ne serait-ce pas également l'occasion pour voir ce qui s'écrit ailleurs - comme dans le Devoir, mettons?
Malheureusement, cela demande une certaine solidarité de la part de tout un chacun, un léger effort que visiblement, peu sont prêts à faire.
(Ce billet fait suite à celui de Chroniques blondes.)
samedi 11 octobre 2008
CSST
Tout le monde parle de cette pub de la CSST.
Elle fesse.
Dominic Arpin en parle sur son blogue. Je transcris ici ma réponse à son billet. Désolé pour le décousu de l'affaire...
C’est étrange que tous ceux que cette pub énerve soient des gens qui pratiquent des métiers très peu physiques, voire intellectuels. Demandez au monde d’usine, aux gens de la construction, à n’importe qui qui travaille un tant soit peu physiquement, ils vous diront que c’est la réalité, leur réalité, et ils vous raconteront une histoire d’horreur qu’ils ont vue.
On regarde tous des vidéos 100 fois pires, des films où l’on tue 20 personnes à la demi-heure, des jeux vidéos où l’on tire tout le monde, mais quand on parle de la réalité, on joue la vierge offensée? À d’autres…
Eh bien, c’est qu'on ne côtoie pas ça tous les jours. Devinez il y a combien de personnes au Québec qui font un travail où ils pourraient se blesser voire mourir sans un minimum de sécurité? Sortez de votre bulle, les gars! Des accidents du genre, il y en a à la tonne chaque année. Et non, ils n’arrivent pas dans les studios de photos, devant la caméra à la télé ou dans une de mes classes de grammaire. Et je crois que c’est important que tous le voient. La pub montre un accident dans une usine, mais ce qu’elle montre vraiment, c’est qu’il faut faire attention. At large.
Oui, la pub est «choc». C’est le but. Faire réagir. Faire réagir du monde blasés par la violence que la télé, le cinéma et tutti quanti offrent chaque jour. Alors on fesse. Des gens MEURENT dans des accidents bêtes. Des gens se font broyer une main parce que le patron refuse de mettre un bouton rouge pour économiser 100$. Et des gens qui perdent pied et qui tombent tête première dans un broyeur de roches, ça arrive (je pourrais vous donner des noms pour chacun de ces exemples…) C’est la réalité. Et vous seriez surpris du nombre de victimes de ce genre d’accidents chaque année au Québec.
Votre réaction, c'est-à-dire demander de réserver ces pubs à la formation du personnel d'usine, c'est demander de cacher les pubs d'accidents de voiture de la SAAQ sous prétexte que vous prenez le bus. Cette réaction est exactement celle qu'on reproche aux gens «ordinaires»(sic) quand ils disent se foutre des coupures aux artistes, quand ils disent qu’on en parle trop partout, que ce n’est pas leur monde.
Je ne suis pas fâché, je suis juste p'us capable d’entendre des gens (que j’estime en plus) dire que c’est dérangeant et que ça ne devrait pas être montré.
C'est dérangeant! Ça serait bien le «boutte» si ce ne l'était pas! D’ailleurs, si on en parle, c’est que le but est atteint.
Bon, j’vous laisse, je retourne regarder des IGnobel sur You Tube…