Il commençait à se faire tard et le bar, désert. Nous étions quasiment les seuls assis à une table. Autrui discutait ferme, appuyé au bar. Ça rigolait partout.
Dans un anglais gauche, un jeune visiblement étranger sorti de nulle part (mais probablement d'ailleurs qu'ici) nous a demandé s'il pouvait s'asseoir à notre table. Il n'avait d'yeux que pour mon amie M-È assise à ma droite, et n'a guère prêté attention au tour de présentation. Elle a toujours été plus belle que moi, alors j'ai abdiqué. J'aurais abdiqué anyway.
Aussitôt assis, il a levé son verre. «To the Queen!»
J'ai eu une soudaine crampe au colon...
En moins de 15 minutes, on a appris qu'il était suisse, qu'il détestait les enfants et qu'il méprisait les femmes prêtes à laisser leur conjoint s'occuper du bébé pendant qu'elles travaillaient. De plus, malgré le fait qu'il était contre la militarisation, il portait une casquette de l'armée suisse (j'étais déçu, pas de tournevis ni de lame rétractable dans la palette) et il avait une fixation tout européenne sur les États-Unis. Il n'a même pas ri quand j'ai vanté les mérites des forces navales helvétiques...
Out. Mort. Next.
Retrait préventif automatique, nous sommes allés empoigner des bouts de bois pour empocher quelques boules de billard. Pour se protéger aussi.
Il a dû se demander ce qu'il avait bien pu dire. Seul à la table, il a surveillé nos manteaux une bonne quinzaine de minutes avant de partir à 2h48 pile.
Précision suisse.
mercredi 22 septembre 2004
Droite Suisse dans un gauche anglais
Attention, je vous écoute...
samedi 18 septembre 2004
Aphorisme
À force de se pousser et de se tirer, on finit par se sentir pressé.
Signes de froid
Le cadavre d'une guêpe gît devant ma porte que je ne laisse plus ouverte.
Les feuilles des arbres rougissent d'embarras d'être aussi prévisibles.
La musique vibrante des voitures sport dérange de moins en moins.
Les filles n'ont plus de mollets, sauf pour quelques duveteuses.
Le bar s'éloigne de mon salon mais me sert toujours aussi tard.
Et ce matin, sans y penser, j'ai pris mon café à deux mains et l'ai siroté plus longtemps qu'hier.
Certains le diront de force, moi je lui dirai enfin.
Les feuilles des arbres rougissent d'embarras d'être aussi prévisibles.
La musique vibrante des voitures sport dérange de moins en moins.
Les filles n'ont plus de mollets, sauf pour quelques duveteuses.
Le bar s'éloigne de mon salon mais me sert toujours aussi tard.
Et ce matin, sans y penser, j'ai pris mon café à deux mains et l'ai siroté plus longtemps qu'hier.
Certains le diront de force, moi je lui dirai enfin.
Oups
C'est con, mais je vérifiais chaque fois.
Et ce matin voilà, je ne suis plus dans les favoris de Tony Tremblay.
J'aurais pas dû dire que j'étais prof de français...
Et ce matin voilà, je ne suis plus dans les favoris de Tony Tremblay.
J'aurais pas dû dire que j'étais prof de français...
jeudi 16 septembre 2004
Critique toujours...
Ils ont écrit (pour après me dire "ben quoi, vous comprenez ce que je voulais dire..." - Ben oui, mes étudiants me vouvoient souvent (eux!), mais ils disent aussi "Monsieur, tu veux tu que...") :
"Guillaume Vigneault nous prouve qu'il est le fils de son père."
"Les paragraphes se suivent sans s'en apercevoir."
"L'auteur décrit avec un vrai talent digne de soi."
"La vie est pleine de gars comme lui. S'ils n'existaient pas, la vie continuerait."
"Les personnages sont décrits avec munition."
Après on lira du Mistian Chrystal (un auteur fragile).
"Guillaume Vigneault nous prouve qu'il est le fils de son père."
"Les paragraphes se suivent sans s'en apercevoir."
"L'auteur décrit avec un vrai talent digne de soi."
"La vie est pleine de gars comme lui. S'ils n'existaient pas, la vie continuerait."
"Les personnages sont décrits avec munition."
Après on lira du Mistian Chrystal (un auteur fragile).
mercredi 15 septembre 2004
Now go home
Assis sur ma moto, en plein milieu d'un embouteillage, j'essaie de ne penser à rien, de ne pas prendre de pose. Mais ne pas prendre de pose, c'est déjà en prendre une. Ma barbe de 4 jours et mes lunettes fumées me donnent des airs de Hells. Pourtant, je n'ose même pas doubler la ligne de voitures par l'accotement. Alors doubler des lignes de coke...
Dans leur habitacle, tout le monde à l'air de la bête en queue pour l'abattoir. Silence épais de monoxyde de carbone. J'entends leurs pensées: «Stie qu'i' m'énerve quand i' chante...»; «22 ans à' même place...»; «Si j'avais un gun...» Un paquet de petits malheurs muets, de petites fins du monde que personne ne saura, trop occupé à la sienne.
Devant moi, sur le pare-choc arrière d'une vieille Escort verte et rouille immatriculée aux U.S. of A., un autocollant: «Welcome in New Hampshire! Now go home.»
Go home...
L'accotement m'appelle.
Tant pis pour les fins du monde.
***
Pour lui mettre un peu de pression...
Le blog d'Alexandre, un de mes anciens étudiants. Je les perds pas tous...
Dans leur habitacle, tout le monde à l'air de la bête en queue pour l'abattoir. Silence épais de monoxyde de carbone. J'entends leurs pensées: «Stie qu'i' m'énerve quand i' chante...»; «22 ans à' même place...»; «Si j'avais un gun...» Un paquet de petits malheurs muets, de petites fins du monde que personne ne saura, trop occupé à la sienne.
Devant moi, sur le pare-choc arrière d'une vieille Escort verte et rouille immatriculée aux U.S. of A., un autocollant: «Welcome in New Hampshire! Now go home.»
Go home...
L'accotement m'appelle.
Tant pis pour les fins du monde.
***
Pour lui mettre un peu de pression...
Le blog d'Alexandre, un de mes anciens étudiants. Je les perds pas tous...
dimanche 12 septembre 2004
Idylle éthylique
J'ai soif
tu m'abreuves
je bois
tu me désaltères
je bois encore
je cale
je m'enivre
tu me grises
tu me saoules
je vide
je titube
tu me liquides.
tu m'abreuves
je bois
tu me désaltères
je bois encore
je cale
je m'enivre
tu me grises
tu me saoules
je vide
je titube
tu me liquides.
samedi 11 septembre 2004
Femmes de foi
La foi a cette curieuse propension à nous quitter pour les mêmes raisons qu'elle vient à nous.
Comme beaucoup de femmes que j'ai connues.
Comme beaucoup de femmes que j'ai connues.
jeudi 9 septembre 2004
Attention, je vous écoute...
"Un bébé, ça dure 2 ans."
Catherine Alix
Catherine Alix
À qui appartiennent les mots?
Ce matin, la pluie m'a obligé au transport en commun. Debout dans l'autobus, j'essaie de ne pas penser que j'en descends dans une heure, peut-être plus si la voiture devant n'avance pas bientôt. Autour de moi, plein de gens, tous le même air de pluie. À ma gauche, une superbe femme noire aux yeux bridés. La sonnerie de son portable est le thème de la Soirée du hockey, version Casio. Ça ne s'invente pas. À ma droite, une jeune gothique qui marche sur sa cape. Derrière elle, un gringalet de 9 pieds avec une barbe de Chinois (c'est-à-dire pas très touffue), vêtu de feuilles d'érable, question de me rappeler que je suis en territoire étranger: une feuille d'érable sur la casquette, un drapeau du Canada sur son sac à dos, un autre plus petit mais pas moins discret sur sa bretelle droite, une feuille d'érable avec un castor sur une jambe de son pantalon. Sur son t-shirt, on peut lire Cozumel, Mexico. Je n'y suis jamais allé et j'en ai de moins en moins le goût. Le gars à cet air idiot qu'on a quand on est dans la lune. Pauvre Cozumel.
L'ennui m'assaille et je choisis de lire une copie du journal Métro qui traîne. De toutes les nouvelles du monde, bonnes et mauvaises, c'est le blanchissage de Brodeur qui fait la une. L'autobus n'avance pas d'un poil. Je tourne la page. Je plonge dans une série de nouvelles qui tiennent en peu de lignes et encore moins de vocabulaire.
L'homme derrière moi se penche. Il ne peut faire autrement que de lire un peu, furtivement, à yeux de loup. Étrange cette impression qu'on nous vole quand quelqu'un lit le journal par dessus notre épaule, comme si les mots imprimés nous appartenaient.
Dehors, pendant que je me fais voler, il ne cesse de pleuvoir. Et la voiture devant n'avance toujours pas.
L'ennui m'assaille et je choisis de lire une copie du journal Métro qui traîne. De toutes les nouvelles du monde, bonnes et mauvaises, c'est le blanchissage de Brodeur qui fait la une. L'autobus n'avance pas d'un poil. Je tourne la page. Je plonge dans une série de nouvelles qui tiennent en peu de lignes et encore moins de vocabulaire.
L'homme derrière moi se penche. Il ne peut faire autrement que de lire un peu, furtivement, à yeux de loup. Étrange cette impression qu'on nous vole quand quelqu'un lit le journal par dessus notre épaule, comme si les mots imprimés nous appartenaient.
Dehors, pendant que je me fais voler, il ne cesse de pleuvoir. Et la voiture devant n'avance toujours pas.
Attention, je vous écoute...
... mais des fois, je sais pas si je fais bien.
"Le temps est comme un raton-laveur qui se promène dans le bois."
Jean-François D'Aoust
"Le temps est comme un raton-laveur qui se promène dans le bois."
Jean-François D'Aoust
mardi 7 septembre 2004
Au boulot!
Ce matin, exercice de concision. Mes étudiants devaient résumer une bande dessinée de Gotlib… La concision était au rendez-vous, mais... Voici l’histoire racontée par une huit d’entre eux.
Je vous jure, j’invente rien. Tout est d’origine; l’orthographe comme la peinture
Dans une région étrangés, il est habité un vieux bonhommes (…) qui fabrique des marionnettes de son état. (…) Cette soir, il prié sur l’étoile magique (…) La fée de l’étoile elle entra dans un chembre puis s’avensa ver la marionnette inerte puis le frappa avec quelque coup de baguette magique. La fée cria « lève toi et marche » puis la marionnette inerte se leva. Il s’appela Pinokenstein. (…) La marionnette a commencé sa vie et déjà il causes des problèmes. (…) car il n’avait pas une voix de conscience (…) Il se passe la ligne qui dessigne le patience de son père alors notre petit ami et puni et mettez dans la boîte de termites. (…) À la fin Jean rêvé pour un autre fils. Quand il se léve le prochain matin c’est de réalité.
La semaine prochaine, je compte bien aborder Jean-Saul Partre et la problématique contemporaine entourant l’usage abusif du subjonctif imparfait.
Je vous jure, j’invente rien. Tout est d’origine; l’orthographe comme la peinture
Dans une région étrangés, il est habité un vieux bonhommes (…) qui fabrique des marionnettes de son état. (…) Cette soir, il prié sur l’étoile magique (…) La fée de l’étoile elle entra dans un chembre puis s’avensa ver la marionnette inerte puis le frappa avec quelque coup de baguette magique. La fée cria « lève toi et marche » puis la marionnette inerte se leva. Il s’appela Pinokenstein. (…) La marionnette a commencé sa vie et déjà il causes des problèmes. (…) car il n’avait pas une voix de conscience (…) Il se passe la ligne qui dessigne le patience de son père alors notre petit ami et puni et mettez dans la boîte de termites. (…) À la fin Jean rêvé pour un autre fils. Quand il se léve le prochain matin c’est de réalité.
La semaine prochaine, je compte bien aborder Jean-Saul Partre et la problématique contemporaine entourant l’usage abusif du subjonctif imparfait.
Problème d'élocution ou éloquent problème?
Pourquoi certains entendent "perdre mon temps" quand je dis "prendre mon temps"?
La vitesse du menton
Ce matin, le cégep était plus loin que d'habitude, mais la moto roulait vite et mon menton laissait des débris d'insectes dans son sillage. J'ai rien vu entre Lachine et Baie d'Urfé.
Ça m'inquiète toujours un peu de me rendre soudainement compte que je n'ai aucun souvenir des 5 ou 10 derniers kilomètres parcourus. J'étais où? Qui vivait pour moi pendant que je m'occupais à autre chose?
Trop de jours resssemblent à ces kilomètres perdus...
Ça m'inquiète toujours un peu de me rendre soudainement compte que je n'ai aucun souvenir des 5 ou 10 derniers kilomètres parcourus. J'étais où? Qui vivait pour moi pendant que je m'occupais à autre chose?
Trop de jours resssemblent à ces kilomètres perdus...
dimanche 5 septembre 2004
Aphorisme
S'éclater, c'est comme s'éparpiller, mais sans perdre son temps.
La Permanence du temporaire (ou le blog qui ne mène à rien)
Il y a plus de 4 ans, j'ai aménagé dans cet appartement en me disant que ce serait temporaire. Une sorte d'escale post-rupture, un oasis entre deux bouts de désert. Il était hors de question que je peingne quelque mur que ce soit; jamais a-t-on vu un itinérant peindre sa boîte de carton.
Ma co-loc de l'époque m'a toutefois convaincu d'au moins repeindre la cuisine. Ainsi soit-elle. On a alors troqué le bleu pour du vert. Mal de mer pour mal de coeur. Depuis, je mange dans le salon.
Jamais temporaire n'aura été si long. Du moins dans mon cas. Une temporalité qui se maquille en permanence. Avec l'arrivée prochaine de Dame V., j'ai abdiqué et on a choisi de se faire aller le pinceau. Dire qu'à une certaine époque, j'avais repeint un 4 ½ au complet pour 25$... Ok, on achetait les pots de couleurs manquées qui traînaient sous le «shaker» de peinture, mais bon... Faut aimer le rose-brun, le vert-brun, le brun-brun...
Tout ça pour dire que ce matin, des picots de peinture plein les bras, on a commencé à enlenver le ruban protecteur (du ruban «à masquer General Purpose», du ruban pour généralement maladroit, du ruban pour aller plus vite mais qui prend plus de temps) qu'on avait posé au plafond, dans les coins, autour des portes. Tirage, arrachage, grattage et grosses boules de papier collant. À chaque mètre, quand ce n'est pas la peinture qui avait réussi à baver en dessous, on arrachait un bout de la peinture qu'on avait voulu protéger...
Maudite affaire.
Je ne vois plus trop où je voulais amener cette histoire. Menfin. Il y a sûrement une morale à retenir. Je vous laisse le soin de la trouver. Moi, j'ai des retouches à faire...
Ma co-loc de l'époque m'a toutefois convaincu d'au moins repeindre la cuisine. Ainsi soit-elle. On a alors troqué le bleu pour du vert. Mal de mer pour mal de coeur. Depuis, je mange dans le salon.
Jamais temporaire n'aura été si long. Du moins dans mon cas. Une temporalité qui se maquille en permanence. Avec l'arrivée prochaine de Dame V., j'ai abdiqué et on a choisi de se faire aller le pinceau. Dire qu'à une certaine époque, j'avais repeint un 4 ½ au complet pour 25$... Ok, on achetait les pots de couleurs manquées qui traînaient sous le «shaker» de peinture, mais bon... Faut aimer le rose-brun, le vert-brun, le brun-brun...
Tout ça pour dire que ce matin, des picots de peinture plein les bras, on a commencé à enlenver le ruban protecteur (du ruban «à masquer General Purpose», du ruban pour généralement maladroit, du ruban pour aller plus vite mais qui prend plus de temps) qu'on avait posé au plafond, dans les coins, autour des portes. Tirage, arrachage, grattage et grosses boules de papier collant. À chaque mètre, quand ce n'est pas la peinture qui avait réussi à baver en dessous, on arrachait un bout de la peinture qu'on avait voulu protéger...
Maudite affaire.
Je ne vois plus trop où je voulais amener cette histoire. Menfin. Il y a sûrement une morale à retenir. Je vous laisse le soin de la trouver. Moi, j'ai des retouches à faire...
vendredi 3 septembre 2004
La Tournée
Elle était assise là. Présente. Elle parlait fort, elle riait fort, elle sentait fort. Parfum haut de gamme. Vertigineux. Les effluves me passaient dix pieds par dessus la tête. Dans toute cette fumée, elle donnait l'impression de se gaspiller. Allez, gaspille-toi, chère.
Je ne la connaissais que depuis 15 minutes. Et encore, de vue. Déjà elle racolait tout ce qui avait des couilles autour de la table à coups de farces grasses. Elle se croyait dépositaire d'un charme irrésistible. Un McDo du charisme.
À l'aube du meurtre, je suis allé m'accouder au bout du bar. Oasis, tourelle, phare. Je suis resté juste pour voir lequel de mes cons amis sombrerait dans la facilité.
Elle est partie seule.
J'ai payé la tournée.
Je ne la connaissais que depuis 15 minutes. Et encore, de vue. Déjà elle racolait tout ce qui avait des couilles autour de la table à coups de farces grasses. Elle se croyait dépositaire d'un charme irrésistible. Un McDo du charisme.
À l'aube du meurtre, je suis allé m'accouder au bout du bar. Oasis, tourelle, phare. Je suis resté juste pour voir lequel de mes cons amis sombrerait dans la facilité.
Elle est partie seule.
J'ai payé la tournée.
Aphorisme
Difficile, vieillir. Il faut devenir mûr et rester vert. On n'exige même pas ça d'un fruit.
Aphorisme
Pour voir les étoiles, il ne faut pas regarder la merde dans laquelle on marche.
mardi 31 août 2004
La saleté des sobres
Depuis quelques jours, je suis d'une efficacité qui me déconcerte parce que sporadique: peintre de murs sales, réparateur de robinets, boucheur de trous, relationniste proprio-locataire (pourquoi suis-je si fin avec cet enculé brossardois bronzé à l'année?), professeur de collégiennes estivales (criss de tailles basses!) J'ai même réussi des rénos sur mon blogue, moi qui nage dans les codes informatiques comme une roche dans une mer japonaise (vous essayerez de crier à l'aide avec 4 alphabets!) Alors ce soir, je m'assois pour contempler mon oeuvre. Avec le sourire niais de celui qui a fait, je me passe une main complaisante dans les cheveux qui me restent. J'arrête soudain mon mouvement et réalise que je ne me suis pas vraiment lavé depuis que je suis efficace.
Alors vous avez le choix: sale et producteur ou propre et picolant.
J'ai ma petite idée là-dessus.
Alors vous avez le choix: sale et producteur ou propre et picolant.
J'ai ma petite idée là-dessus.
lundi 30 août 2004
La Fin de l'éternité
Je suis souvent le plus vieux de ceux avec qui je bois au bar alors qu'avant, ce plus vieux m'apparaissait pathos. «Moi à son âge, je serai ailleurs, pas encore là.» Mais ailleurs, c'est où? Ailleurs, est-ce vraiment plus confortable ou seulement rassurant?
Maintenant, je parle de bébés, de recettes faibles en gras et d'exercices pour abdominaux alors qu'avant, je ne voulais que refaire le monde à grands coups de champs d'agave;
C'est sans compter le fait que je me suis acheté une télé un peu trop grosse pour mon salon alors qu'avant ma 14 pouces était un symbole de résistance médio-consumériste; que mon divan n'a plus assez de support lombaire alors qu'avant je pouvais passer des jours et des nuits assis, couché, seul ou à deux, sur n'importe qu'elle merde; que draguer une fille de 18 ans m'apparaît immoral et que maintenant, le café m'empêche vraiment de dormir le soir.
Et je suis là à rêver de bébés comme si c'était une fin en soi alors que, pour paraphraser mon ami G., on oublie que les bébés ne sont là que pour nous remplacer. Sans compter le fait qu'aujourd'hui je fais tous ces constats sans révolte. Zen.
Pas de nostalgie ici. Juste cette délivrante abdication devant la force de cette vie qu'on passe des années à regarder par en dessous comme on regarde un ennemi, à lui cracher à la figure parce qu'on est intouchable, qu'elle est éternelle.
Pas de nostalgie. Juste la fin de l'éternité.
Mon éternité a duré 35 ans. C'est pas mal plus que celle de bien des gens.
Et l'acceptation de vieillir m'empêchera pas de regarder des Six Feet Under avec ma blonde en buvant du vin rouge à même la bouteille.
Maintenant, je parle de bébés, de recettes faibles en gras et d'exercices pour abdominaux alors qu'avant, je ne voulais que refaire le monde à grands coups de champs d'agave;
C'est sans compter le fait que je me suis acheté une télé un peu trop grosse pour mon salon alors qu'avant ma 14 pouces était un symbole de résistance médio-consumériste; que mon divan n'a plus assez de support lombaire alors qu'avant je pouvais passer des jours et des nuits assis, couché, seul ou à deux, sur n'importe qu'elle merde; que draguer une fille de 18 ans m'apparaît immoral et que maintenant, le café m'empêche vraiment de dormir le soir.
Et je suis là à rêver de bébés comme si c'était une fin en soi alors que, pour paraphraser mon ami G., on oublie que les bébés ne sont là que pour nous remplacer. Sans compter le fait qu'aujourd'hui je fais tous ces constats sans révolte. Zen.
Pas de nostalgie ici. Juste cette délivrante abdication devant la force de cette vie qu'on passe des années à regarder par en dessous comme on regarde un ennemi, à lui cracher à la figure parce qu'on est intouchable, qu'elle est éternelle.
Pas de nostalgie. Juste la fin de l'éternité.
Mon éternité a duré 35 ans. C'est pas mal plus que celle de bien des gens.
Et l'acceptation de vieillir m'empêchera pas de regarder des Six Feet Under avec ma blonde en buvant du vin rouge à même la bouteille.
jeudi 26 août 2004
Attention, je 'vous écoute...
«Y a rien comme le temps pour faire vieillir quelque chose.»
Richard Plouffe
Richard Plouffe
Cheers!
Mardi soir.
J'arrive au bar assez tard pour être sûr que les cinqàseptiers soient rentrés dormir. Ma bière est déjà coulée quand je mets les pieds dans la fumée. Mon Cheers...
Je vais mettre à l'épreuve quelques principes élémentaires de physique sur le tapis vert. J'y suis resté plus de deux heures sans payer et sans y être vraiment bon. Encore ce syndrome de l'imposteur.
Puis je reviens m'amarrer au bar avec Cheval (un des êtres les plus drôles que je connaisse) puis G. arrive, question de noyer les bières qu'il a déjà prises ailleurs. Jusqu'aux premières lueurs du jour, clé dans laporte comme pour protéger notre paradis, on a parlé de nostalgie, des chansons que nos parents écoutaient dans la voiture familliale, de nos plus récents désirs de bébés... Entre les soupirs, on a chanté à tue-tête «Chauffard» de Cabrel, «I Don't Care Anymore» de Collins et d'autres thérapies du genre «Ra-Ra-Rasputine, greatest russian love machine»...
Du bonheur à 2 cennes.
Du bonheur qui fait sourire comme une chanson (juste une) de Patrick Zabé.
Du bonheur sans prix comme l'appel sans raison d'un ami, un soir de blues.
J'arrive au bar assez tard pour être sûr que les cinqàseptiers soient rentrés dormir. Ma bière est déjà coulée quand je mets les pieds dans la fumée. Mon Cheers...
Je vais mettre à l'épreuve quelques principes élémentaires de physique sur le tapis vert. J'y suis resté plus de deux heures sans payer et sans y être vraiment bon. Encore ce syndrome de l'imposteur.
Puis je reviens m'amarrer au bar avec Cheval (un des êtres les plus drôles que je connaisse) puis G. arrive, question de noyer les bières qu'il a déjà prises ailleurs. Jusqu'aux premières lueurs du jour, clé dans laporte comme pour protéger notre paradis, on a parlé de nostalgie, des chansons que nos parents écoutaient dans la voiture familliale, de nos plus récents désirs de bébés... Entre les soupirs, on a chanté à tue-tête «Chauffard» de Cabrel, «I Don't Care Anymore» de Collins et d'autres thérapies du genre «Ra-Ra-Rasputine, greatest russian love machine»...
Du bonheur à 2 cennes.
Du bonheur qui fait sourire comme une chanson (juste une) de Patrick Zabé.
Du bonheur sans prix comme l'appel sans raison d'un ami, un soir de blues.
Air Sérénité
Samedi a décollé Kefra. Derrière ses brumes d'aboutissement, de second (troisième?) début et de douce faillite, je le voyais pour la première fois serein, sans les 10000 points d'interrogation qui l'accompagnaient depuis toujours.
Il va revenir, je le sais. Il ne pourra supporter l'accent de ses beaufs...
Il va revenir, je le sais. Il ne pourra supporter l'accent de ses beaufs...
Highway to vieil
J'arrive d'un cours où les étudiants sont nés en 87! Pour eux, Dassin c'est de la préhistoire, leur U2 est comme mes Beatles, et Cobain s'est suicidé alors qu'ils commençaient tout juste à ne plus faire dans leur couche...
Alliez ça à mes courbatures post-gym et je me crois dans la voie de gauche pour l'hospice.
Alliez ça à mes courbatures post-gym et je me crois dans la voie de gauche pour l'hospice.
mardi 24 août 2004
Aphorisme (suite)
La vulnérabilité, c'est la clause écrite en petits caractères qui accompagne le contrat de la sensibilité.
Bon, ok, j'arrête. Sinon je vais finir par me prendre par Paul Coelho pis réécrire L'Alchimiste (Aaarrrgg!): si nous sommes vraiment assis sur notre bonheur, pourquoi le cul nous pique?
Bon, ok, j'arrête. Sinon je vais finir par me prendre par Paul Coelho pis réécrire L'Alchimiste (Aaarrrgg!): si nous sommes vraiment assis sur notre bonheur, pourquoi le cul nous pique?
Aphorisme
La vie est une pute que l'on paie trop chère.
samedi 21 août 2004
Esprit à la chaîne
Stress? Chiasse? Choléra?
Cette semaine, je dormais mal. Je me réveillais au milieu de la nuit et, abdiquant, j'allais me poster devant ma 14 pouces pour profiter des derniers jours de câble que Vidéotron m'offre afin d'appâter un nouveau client avant de me renvoyer à la plèbe des 6 canaux qui rentrent mal. J'ai fait le tour des chaînes en moins de 30 secondes. J'ai recommencé le manège une bonne cinquantaine de fois. Ça donnait un discours un peu incongru du genre:
«Bush s'opppose... 7 dixièmes de seconde derrière Button... à la prochaine... hausse du dollars... at the bottom of the ocean... restoranti di Roma... 8 degrés à Val d'Or... applaudissements... éliminer 2 candidates... still 6 questions to the million, no lifeline left... scène de cul trop feutrée, musique d'ascenseur... Go,go, you can eat these worms... de fleurons glorieux... seulement une médaille... I'm waiting for your call...»
Il m'est encore difficile de réfléchir correctement.
Discours câblé. Idées branchées. Esprit enchaîné.
Cette semaine, je dormais mal. Je me réveillais au milieu de la nuit et, abdiquant, j'allais me poster devant ma 14 pouces pour profiter des derniers jours de câble que Vidéotron m'offre afin d'appâter un nouveau client avant de me renvoyer à la plèbe des 6 canaux qui rentrent mal. J'ai fait le tour des chaînes en moins de 30 secondes. J'ai recommencé le manège une bonne cinquantaine de fois. Ça donnait un discours un peu incongru du genre:
«Bush s'opppose... 7 dixièmes de seconde derrière Button... à la prochaine... hausse du dollars... at the bottom of the ocean... restoranti di Roma... 8 degrés à Val d'Or... applaudissements... éliminer 2 candidates... still 6 questions to the million, no lifeline left... scène de cul trop feutrée, musique d'ascenseur... Go,go, you can eat these worms... de fleurons glorieux... seulement une médaille... I'm waiting for your call...»
Il m'est encore difficile de réfléchir correctement.
Discours câblé. Idées branchées. Esprit enchaîné.
Sous la menace des Témoins
J'ai revu «Gaz Bar blues» hier. Grand, très grand film. Tous les pères doivent le voir. Les pères et les compères. Et les autres.
***
Je ne sais pas si c'est ma récente purge virale ou l'automne qui s'amène avec sa enième session, mais l'envie romanesque me réveille la nuit.
En relisant mes nouvelles, je me suis rendu compte qu'en mettant un peu de rempli-joint entre quelques unes, j'avais un bon 50 pages. Alors qu'attends-je?
Que l'auto-censure baisse les bras.
Pas facile. Cette mégère me baillonne depuis quelque temps déjà et malgré les milliers de litres d'alcool, elle file à merveille. Joints? E? Abonnement annuel au club l'Orage? Que me faut-il?
Allez, hop! Je me déshabille et me mets au boulot, question d'être nu et d'avoir l'air affairé; des témoins de Jéhovah arpentent le trottoir sous ma fenêtre et menacent ma quiétude...
***
Je ne sais pas si c'est ma récente purge virale ou l'automne qui s'amène avec sa enième session, mais l'envie romanesque me réveille la nuit.
En relisant mes nouvelles, je me suis rendu compte qu'en mettant un peu de rempli-joint entre quelques unes, j'avais un bon 50 pages. Alors qu'attends-je?
Que l'auto-censure baisse les bras.
Pas facile. Cette mégère me baillonne depuis quelque temps déjà et malgré les milliers de litres d'alcool, elle file à merveille. Joints? E? Abonnement annuel au club l'Orage? Que me faut-il?
Allez, hop! Je me déshabille et me mets au boulot, question d'être nu et d'avoir l'air affairé; des témoins de Jéhovah arpentent le trottoir sous ma fenêtre et menacent ma quiétude...
vendredi 20 août 2004
La Soirée du râle
Ma grande maladie d'homme de ces dernières heures m'a fait manquer (sans ordre): une soirée avec dame V., le lancement du disque (pas olympique) de Béluga pour qui drum J., un souper de poisson pas-piqué-des-vers-non-madame concocté par G., et une soirée d'adieu pour A. qui subit l'appel de la terre natale.
À la place de tout cela, j'ai foutu nada.
Moins que le mec qui lit son journal dans son char depuis une heure devant chez-moi.
Je me suis à peine contenu pour ne pas râler dans mon semi sommeil. Pourtant, ça fait tant de bien de râler...
À la place de tout cela, j'ai foutu nada.
Moins que le mec qui lit son journal dans son char depuis une heure devant chez-moi.
Je me suis à peine contenu pour ne pas râler dans mon semi sommeil. Pourtant, ça fait tant de bien de râler...
jeudi 19 août 2004
Il pleut, je suis fiévreux et je garde le journal près de la bol parce que c'est là que je passe le plus clair de mon temps depuis 24h.
Retour à l'enseignement, j'imagine.
Retour à l'enseignement, j'imagine.
mardi 17 août 2004
Laisser parler les autres...
À Dipat et ses questions:
«Toute ma vie j’ai cru briser mes chaînes alors qu’en fait j’en mesurais la longueur.»
Anne Archet
«Toute ma vie j’ai cru briser mes chaînes alors qu’en fait j’en mesurais la longueur.»
Anne Archet
lundi 16 août 2004
Je suis déjà un autre
Je repensais au fait que mes textes semblaient avoir été écrits par quelqu'un d'autre...
Le concept est très intéressant: si rétrospectivement j'ai déjà été quelqu'un d'autre, le moi présent serait alors un autre par rapport à mon futur moi... Ainsi, je suis un autre!
Est-ce pour cela qu'on ne reconnaît pas sa voix sur le répondeur?
En tout cas, peu importe ce qu'on me reprochera, dorénavant, c'est pas moi qui l'ai fait!
Le concept est très intéressant: si rétrospectivement j'ai déjà été quelqu'un d'autre, le moi présent serait alors un autre par rapport à mon futur moi... Ainsi, je suis un autre!
Est-ce pour cela qu'on ne reconnaît pas sa voix sur le répondeur?
En tout cas, peu importe ce qu'on me reprochera, dorénavant, c'est pas moi qui l'ai fait!
dimanche 15 août 2004
Vieilles Nouvelles
Voilà que les vacances se tirent. Quelque chose comme 9 ou 10 semaines. J'me fais pas chier, non madame. Je regarde derrière et me semble que je n'ai rien foutu. Mais à bien y regarder, j'ai... vraiment rien foutu.
Pas l'ombre d'un désir de regret. Suis vachement doué pour la farniente.
***
Le nouvel emplacement pour le bureau et la nouvelle lumière sur l'ordi m'ont fait dépoussiérer quelques trucs d'une autre époque. On n'a jamais trouvé quoi que ce soit de neuf sous la poussière. Poussière, soleil, même combat... J'ai ressorti un tas de vieilles nouvelles. Mon recueil version 2002. Je le relis avec l'étrange mais ô combien agréable impression que c'est quelqu'un d'autre qui a écrit tout cela. Je fais un petit tri en j'envoie aux éditeurs...
Pour le recueil, j'avais pensé à «J'ai de bien mauvaises nouvelles pour vous» comme titre. Un peu de recherche m'a rapidement enseigné que c'était déjà pris, à une tournure près. Alors... hum...
Des suggestions?
Pas l'ombre d'un désir de regret. Suis vachement doué pour la farniente.
***
Le nouvel emplacement pour le bureau et la nouvelle lumière sur l'ordi m'ont fait dépoussiérer quelques trucs d'une autre époque. On n'a jamais trouvé quoi que ce soit de neuf sous la poussière. Poussière, soleil, même combat... J'ai ressorti un tas de vieilles nouvelles. Mon recueil version 2002. Je le relis avec l'étrange mais ô combien agréable impression que c'est quelqu'un d'autre qui a écrit tout cela. Je fais un petit tri en j'envoie aux éditeurs...
Pour le recueil, j'avais pensé à «J'ai de bien mauvaises nouvelles pour vous» comme titre. Un peu de recherche m'a rapidement enseigné que c'était déjà pris, à une tournure près. Alors... hum...
Des suggestions?
vendredi 13 août 2004
La Palice, et autres pognages de front inutiles
On oublie pas, on s'habitue.
On remplace pas, on pallie.
On devient vieux, on gagne en poids ce qu'on perd en cheveux, dents et autres artifices. Derrière la pupille restera toujours un âge qu'on associe à l'innocence des vingt ans, mais qui se savoure plus tard, plein de sucre sur l'amer de l'écorce.
***
C'est pas pour rien que les vieux oublient ce qu'ils ont fait il y a 5 minutes, mais pas les détails d'il y a 60 ans. C'est justement pas des détails. C'est la vie, c'est une immense anecdote.
La vie est une farce de ti-cul de 5 ans; le punch final est prévisible et plate, mais c'est tellement cute racontée avec deux dents en moins.
***
Alexandre, c'est pas parce qu'on est proche qu'on est pas loin.
Un pas en arrière peut être un élan.
Pis Paris, c'est tout de même un peu mieux que Montréal Nord.
On remplace pas, on pallie.
On devient vieux, on gagne en poids ce qu'on perd en cheveux, dents et autres artifices. Derrière la pupille restera toujours un âge qu'on associe à l'innocence des vingt ans, mais qui se savoure plus tard, plein de sucre sur l'amer de l'écorce.
***
C'est pas pour rien que les vieux oublient ce qu'ils ont fait il y a 5 minutes, mais pas les détails d'il y a 60 ans. C'est justement pas des détails. C'est la vie, c'est une immense anecdote.
La vie est une farce de ti-cul de 5 ans; le punch final est prévisible et plate, mais c'est tellement cute racontée avec deux dents en moins.
***
Alexandre, c'est pas parce qu'on est proche qu'on est pas loin.
Un pas en arrière peut être un élan.
Pis Paris, c'est tout de même un peu mieux que Montréal Nord.
jeudi 12 août 2004
La Raison des huarts
De retour. Pour tout et tous.
J'arrive du Chalet, avec un grand C; celui qui a su conserver son âme de chalet, avec ses meubles déjà kitchs à une autre époque et ses peintures de matante chose et mononc truc au mur; celui où je vais depuis près de 30 ans; celui du Crabe dans la tête. Le chant des huarts dans la nuit, les étoiles filantes, les traces de chevreuils sur le bord des trous d'eau les lendemains d'orages de fin du monde. 15 km de trous et de bosses en terre battue pour se farcir le bourdonnement de mouches qui ont un bon 3 cm de front entre chaque oeil.
Sous un ciel ruminant sa colère, la moto s'est tapé 250 km sans rien dire malgré la 40 et ses camions, malgré le boulot qui recommence lundi, malgré le firmament orange des nuits montréalaises.
Ce soir, j'irai trinquer au Boudoir. À la santé des huarts qui se crissent b'en de moi.
Avec raison.
J'arrive du Chalet, avec un grand C; celui qui a su conserver son âme de chalet, avec ses meubles déjà kitchs à une autre époque et ses peintures de matante chose et mononc truc au mur; celui où je vais depuis près de 30 ans; celui du Crabe dans la tête. Le chant des huarts dans la nuit, les étoiles filantes, les traces de chevreuils sur le bord des trous d'eau les lendemains d'orages de fin du monde. 15 km de trous et de bosses en terre battue pour se farcir le bourdonnement de mouches qui ont un bon 3 cm de front entre chaque oeil.
Sous un ciel ruminant sa colère, la moto s'est tapé 250 km sans rien dire malgré la 40 et ses camions, malgré le boulot qui recommence lundi, malgré le firmament orange des nuits montréalaises.
Ce soir, j'irai trinquer au Boudoir. À la santé des huarts qui se crissent b'en de moi.
Avec raison.
samedi 7 août 2004
La Profondeur des verres
Sorti du bois.
Au revoir mouffettes et feux de camp (certains soirs, flamme (oui oui, au singulier) de camp). Le pic-bois m'a épargné. Cette fois. Nous sommes revenus au nid urbain, non sans avoir parfois soupiré pour quelques arpents verts et une maison, une grande galerie en bois, une banquette d'Oldsmobile 73 à titre de transatlantique. Qui aurait dit que je me réconcilierais un jour avec la campagne, son horizon et ses odeurs de fumier qui, par un quelconque sort d'enfance, me font rêver... C'est ben pour dire, au retour, j'ai trouvé Cowansville joli, par bouts.
Mais bon, ces courtes vacances sont terminées. Et c'est justement cette finitude qui donne toute la beauté à ce que l'on vit. L'éternel rend terne ce que l'éphémérité lustre.
C'est peut-être pour ça que les verres de bière sont si petits.
Au revoir mouffettes et feux de camp (certains soirs, flamme (oui oui, au singulier) de camp). Le pic-bois m'a épargné. Cette fois. Nous sommes revenus au nid urbain, non sans avoir parfois soupiré pour quelques arpents verts et une maison, une grande galerie en bois, une banquette d'Oldsmobile 73 à titre de transatlantique. Qui aurait dit que je me réconcilierais un jour avec la campagne, son horizon et ses odeurs de fumier qui, par un quelconque sort d'enfance, me font rêver... C'est ben pour dire, au retour, j'ai trouvé Cowansville joli, par bouts.
Mais bon, ces courtes vacances sont terminées. Et c'est justement cette finitude qui donne toute la beauté à ce que l'on vit. L'éternel rend terne ce que l'éphémérité lustre.
C'est peut-être pour ça que les verres de bière sont si petits.
samedi 31 juillet 2004
Quand la pluie prend les devants
Ce soir, depuis mon formidable balcon-deux-personnes arrière, on entendait la pluie arriver 100 mètres à l'avance. Prévenante. Alors on l'attendait. Puis elle tombait. Promesse remplie. Et pendant qu'elle nous faisait son spectacle à l'arrière, elle inondait l'entrée avant, la porte étant restée ouverte pour fins aératives...
La pluie est une drôle de salope qui vous menace par derrière mais vous prend par devant.
Prévenant, moi je ne le suis pas. J'hais préparer les trucs d'avance. Au point où ça en devient maladif. Mes bagages pour ma traversée de l'an dernier, je les ai faits la veille. Pour mon voyage au Mexique de décembre chez popa V., le matin même. Alors on imagine pour le trip de camping de 4 jours qui commencera dimanche... Mais à part une tente, une cafetière espresso (bonjour le bourge!), une plume, du tabac et des allumettes, qu'avoir besoin de plus? D'acc, la pipe serait une bonne idée, mais zensuite? Hein? Hein?
J'ai hâte aux arbres, mais je m'ennuierai aussitôt de la ville. Pourtant, je sais qu'un jour, je ne voudrai plus revenir, que le pic-bois tappera sur ma tête de bois...
La pluie est une drôle de salope qui vous menace par derrière mais vous prend par devant.
Prévenant, moi je ne le suis pas. J'hais préparer les trucs d'avance. Au point où ça en devient maladif. Mes bagages pour ma traversée de l'an dernier, je les ai faits la veille. Pour mon voyage au Mexique de décembre chez popa V., le matin même. Alors on imagine pour le trip de camping de 4 jours qui commencera dimanche... Mais à part une tente, une cafetière espresso (bonjour le bourge!), une plume, du tabac et des allumettes, qu'avoir besoin de plus? D'acc, la pipe serait une bonne idée, mais zensuite? Hein? Hein?
J'ai hâte aux arbres, mais je m'ennuierai aussitôt de la ville. Pourtant, je sais qu'un jour, je ne voudrai plus revenir, que le pic-bois tappera sur ma tête de bois...
mercredi 28 juillet 2004
Le Texas est parmi nous
Le 24 juillet dernier, Le Devoir annonçait que d'ici quelques dizaines d'années, l'humain pourrait vivre jusqu'à 5000 ans. Il faut croire que je me réjouissais trop tôt de n'avoir plus que 25 ans à travailler avant ma retraite...
***
Ces derniers temps, la question gay m'entoure; les points d'interrogation de Girl in a bottle, le coming out de David dans Six Feet Under, la famille de mon ami J., etc. Même Anne Archet fait une courte allusion à la beauté des habitants à L'Est de UQAM, pardon, d'Eden (au fait, la Genèse revue et corrigée au goût du jour parlerait d'Adam et Marcel...:)). Au point où je trouve presque ennuyant de ne pas nager dans les mêmes eaux, sinon dans celles de la compassion.
Mais ce n'est pas parce qu'un homme gay rit que personne ne le croit malade (ouf! quel jeu de mots!) Alors, continuons à en parler. Car contrairement à ce qu'un ami disait en fin de semaine, le Texas n'est jamais bien loin...
***
Ces derniers temps, la question gay m'entoure; les points d'interrogation de Girl in a bottle, le coming out de David dans Six Feet Under, la famille de mon ami J., etc. Même Anne Archet fait une courte allusion à la beauté des habitants à L'Est de UQAM, pardon, d'Eden (au fait, la Genèse revue et corrigée au goût du jour parlerait d'Adam et Marcel...:)). Au point où je trouve presque ennuyant de ne pas nager dans les mêmes eaux, sinon dans celles de la compassion.
Mais ce n'est pas parce qu'un homme gay rit que personne ne le croit malade (ouf! quel jeu de mots!) Alors, continuons à en parler. Car contrairement à ce qu'un ami disait en fin de semaine, le Texas n'est jamais bien loin...
dimanche 25 juillet 2004
Grosse vie
Gros homme
grosse bedaine
grosse épilation
si grosse femme
grosse lipposuccion
gros enfant (au singulier)
gros chars
grosse maison
grosse piscine
gros chalet avec grosse vue
gros portefeuille
gros cigare
gros scotch
grosse voix
gros orgasme
grosse tête
grosse dépression
grosse prozac
gros rire
gros contrat
grosse signature
grosse facture
grosse arnaque avec gros sourire
grosse fête
grosse mort dans gros cercueil
grosse vie sale
grosse vie
gross life.
grosse bedaine
grosse épilation
si grosse femme
grosse lipposuccion
gros enfant (au singulier)
gros chars
grosse maison
grosse piscine
gros chalet avec grosse vue
gros portefeuille
gros cigare
gros scotch
grosse voix
gros orgasme
grosse tête
grosse dépression
grosse prozac
gros rire
gros contrat
grosse signature
grosse facture
grosse arnaque avec gros sourire
grosse fête
grosse mort dans gros cercueil
grosse vie sale
grosse vie
gross life.
vendredi 23 juillet 2004
La Force du recul
Ouain.
Bon, je néglige ce blog. Hier soir, entre un verre de cidre et une bibitte, Dipat me l'a reproché mais je me console, Kefra est aussi paresseux que moi. Bien sûr, le roman n'avance pas et mon ami J. attend des textes pour quelques chansons qu'il écrit (fort bonnes d'ailleurs). Petit hint pas rapport: J. a travaillé sur un super bon projet qui pourrait bien aboutir chez un disquaire près de chez-vous avant longtemps: Béluga (s ou pas, je sais pas). J'espère que ça n'échouera pas! (scusez, trop facile.)
***
Cette semaine, j'ai rencontré la soeur d'un ami français que j'aime beaucoup (l'ami, pas la soeur). Elle était à Montréal pour une semaine. Tous les clichés de la Parisienne chiante: les Québécois parlent mal; shopping n'est pas un anglicisme (bicoz utilisé en France) mais cute l'est (parce que used in Qwibec); il n'y a rien à faire à Montréal; il n'y a pas d'ours au Québec (on n'inventerait ça pour se rendre intéressants), etc. (j'en passe et des meilleures), tout cela agrémenté du commentaire: «mais je suis Française; j'ai un recul par rappot à votre culture que vous ne pouvez pas avoir...»
Heureusement que j'ai des amis français qui sont super, et j'ai pensé très fort à eux pour ne pas lui reculer dessus...
David et Alex, vous avez sauvé la vie du femme sans le savoir.
Bon, je néglige ce blog. Hier soir, entre un verre de cidre et une bibitte, Dipat me l'a reproché mais je me console, Kefra est aussi paresseux que moi. Bien sûr, le roman n'avance pas et mon ami J. attend des textes pour quelques chansons qu'il écrit (fort bonnes d'ailleurs). Petit hint pas rapport: J. a travaillé sur un super bon projet qui pourrait bien aboutir chez un disquaire près de chez-vous avant longtemps: Béluga (s ou pas, je sais pas). J'espère que ça n'échouera pas! (scusez, trop facile.)
***
Cette semaine, j'ai rencontré la soeur d'un ami français que j'aime beaucoup (l'ami, pas la soeur). Elle était à Montréal pour une semaine. Tous les clichés de la Parisienne chiante: les Québécois parlent mal; shopping n'est pas un anglicisme (bicoz utilisé en France) mais cute l'est (parce que used in Qwibec); il n'y a rien à faire à Montréal; il n'y a pas d'ours au Québec (on n'inventerait ça pour se rendre intéressants), etc. (j'en passe et des meilleures), tout cela agrémenté du commentaire: «mais je suis Française; j'ai un recul par rappot à votre culture que vous ne pouvez pas avoir...»
Heureusement que j'ai des amis français qui sont super, et j'ai pensé très fort à eux pour ne pas lui reculer dessus...
David et Alex, vous avez sauvé la vie du femme sans le savoir.
mardi 13 juillet 2004
La joyeuse Saskatoon
Pour guérir les humeurs à la Roger Waters, rien de mieux qu'une relecture personnelle des grands questionnements métaphysiques.
Musicalement, il y a les relectures de Johny Cash et celles de Richard Cheese. Mais pour flatter mon américanitude et pour tous ces soirs où j'ai oublié de mettre mon tuxedo, voici deux excellents bands:
Pour les amateurs de Pink Floyd: Luther Wright and the Wrongs. Un album intitulé Rebuild the Wall Part 1. Les bruits d'hélicoptère sont remplacés par ceux d'un tracteur, même la téléphoniste dit «This is Canada calling. Are we reaching?» Délicieux.
Pour les amateurs de Radiohead: allez voir le site rodeohead.com ou plutôt, allez écouter leur medley sur www.hardnphirm.com/rodeohead.html
Ça donne des envies de Saskatchewan.
Musicalement, il y a les relectures de Johny Cash et celles de Richard Cheese. Mais pour flatter mon américanitude et pour tous ces soirs où j'ai oublié de mettre mon tuxedo, voici deux excellents bands:
Pour les amateurs de Pink Floyd: Luther Wright and the Wrongs. Un album intitulé Rebuild the Wall Part 1. Les bruits d'hélicoptère sont remplacés par ceux d'un tracteur, même la téléphoniste dit «This is Canada calling. Are we reaching?» Délicieux.
Pour les amateurs de Radiohead: allez voir le site rodeohead.com ou plutôt, allez écouter leur medley sur www.hardnphirm.com/rodeohead.html
Ça donne des envies de Saskatchewan.
Le talent tueur
Soleil, chaleur, brise légère. Le seul pas que j'ai fait dehors avant 17h a été pour sortir quelques plantes sur mon balcon. Même pas écrit une ligne. Pas fier.
J'ai passé la soirée avec J. Après 2 films et une petite bouffe, il m'a fait écouter des ébauches de compos. Il veut que je lui compose des textes à mettre sur ses notes. Je veux bien. Mais je ne sais pas pourquoi, je bloque dès que j'y pense. Même chose pour mon putain de roman et pour mon recueil de nouvelles. Je m'écoeure.
Pourtant, G. me dit que j'ai du talent. C'est flatteur, mais je sais bien que je suis loin d'en avoir autant que lui. Lui il compose entre 2 cigarettes. Je fais tout pour le déranger dans l'écriture de son 3e roman (3e! M'énarve...); je le bats aux échecs, lui sape le moral au poker, rien à faire. Il se revire de bord, me fait lire une nouvelle qu'il a chiée la veille ou un texte de poésie écrit entre 2 efforts sur le bol pour un show de sa soeur... Puis ça vaut 100 fois ce que je mets 2 semaines à peaufiner...
Peut-être suis-je juste trop sévère avec moi.
Pis là, il est 3h30.
Demain, j'écris.
J'ai passé la soirée avec J. Après 2 films et une petite bouffe, il m'a fait écouter des ébauches de compos. Il veut que je lui compose des textes à mettre sur ses notes. Je veux bien. Mais je ne sais pas pourquoi, je bloque dès que j'y pense. Même chose pour mon putain de roman et pour mon recueil de nouvelles. Je m'écoeure.
Pourtant, G. me dit que j'ai du talent. C'est flatteur, mais je sais bien que je suis loin d'en avoir autant que lui. Lui il compose entre 2 cigarettes. Je fais tout pour le déranger dans l'écriture de son 3e roman (3e! M'énarve...); je le bats aux échecs, lui sape le moral au poker, rien à faire. Il se revire de bord, me fait lire une nouvelle qu'il a chiée la veille ou un texte de poésie écrit entre 2 efforts sur le bol pour un show de sa soeur... Puis ça vaut 100 fois ce que je mets 2 semaines à peaufiner...
Peut-être suis-je juste trop sévère avec moi.
Pis là, il est 3h30.
Demain, j'écris.
dimanche 11 juillet 2004
Le vide du monde qu'on remplit trop vite.
Aujourd'hui, plage. Près du lac Champlain. Côté U.S. of A.
Le lac de mon enfance, les dizaines de mètres à marcher en ligne droite vers le large avant d'avoir de l'eau aux épaules, l'odeur. Et les voiliers.
Voilà un an que je suis revenu de l'Atlantique. Et le large me manque. Les couleurs de la haute mer. Le bruit du vent qui frappe les voiles, celui des vagues qui frappent la coque, qui rappelle le bruit des collisions automobiles. Les vents, les vagues, les dauphins, les nuits sans étoiles où on entend des souffles de baleines tout près, et celles où il y a assez de lune pour lire sans sa lampe frontale. L'étourdissement que causent les 4000 mètres de profondeur de la mer des Sargasses, immensité qu'on effleure qu'en surface. La silhouette du volcan Pico qui se dessine au petit matin, après 16 jours de montagnes liquides et de désert humide. Et surtout l'horizon; 16 jours sans voir ni terre ni autres humains. Cette distance entre nous et les autres, entre nous et la terre, entre nous et nous.... Les moments où tu dors sachant qu'une des deux autres personnes à bord veille sur les vents. Les moments où elles dorment et que tu veilles sur les vents, ajustes les voiles (ou les sabotes!), gardes la route, passes des heures à lire le GPS qui t'annonces que tu es 40 pieds au dessus du niveau de la mer, puis 5 secondes plus tard 20 dessous... Les moments où tu mesures ta valeur et ton infime présence.
Traverser l'océan à une vitesse moyenne de 6 noeuds... Faites le calcul. Amplement de temps pour faire le plein de vide.
Un vide qu'on remplit à toute vitesse dès qu'on revient, comme des cons, comme si garder un vide signifiait garder un manque.
Le lac de mon enfance, les dizaines de mètres à marcher en ligne droite vers le large avant d'avoir de l'eau aux épaules, l'odeur. Et les voiliers.
Voilà un an que je suis revenu de l'Atlantique. Et le large me manque. Les couleurs de la haute mer. Le bruit du vent qui frappe les voiles, celui des vagues qui frappent la coque, qui rappelle le bruit des collisions automobiles. Les vents, les vagues, les dauphins, les nuits sans étoiles où on entend des souffles de baleines tout près, et celles où il y a assez de lune pour lire sans sa lampe frontale. L'étourdissement que causent les 4000 mètres de profondeur de la mer des Sargasses, immensité qu'on effleure qu'en surface. La silhouette du volcan Pico qui se dessine au petit matin, après 16 jours de montagnes liquides et de désert humide. Et surtout l'horizon; 16 jours sans voir ni terre ni autres humains. Cette distance entre nous et les autres, entre nous et la terre, entre nous et nous.... Les moments où tu dors sachant qu'une des deux autres personnes à bord veille sur les vents. Les moments où elles dorment et que tu veilles sur les vents, ajustes les voiles (ou les sabotes!), gardes la route, passes des heures à lire le GPS qui t'annonces que tu es 40 pieds au dessus du niveau de la mer, puis 5 secondes plus tard 20 dessous... Les moments où tu mesures ta valeur et ton infime présence.
Traverser l'océan à une vitesse moyenne de 6 noeuds... Faites le calcul. Amplement de temps pour faire le plein de vide.
Un vide qu'on remplit à toute vitesse dès qu'on revient, comme des cons, comme si garder un vide signifiait garder un manque.
vendredi 9 juillet 2004
Jeu de faire
Faire bailler
Faire ses dents
Faire une sale tête
Faire le deuil
Faire face
Faire mal
Faire ses valises
Faire du bruit
Faire le mort
Faire chaud
Faire froid
Que faire?
Faire le sauvage
Faire ni chaud ni froid
Faire erreur
Faire dur
Faire tard
Faire du souci
Faire sourire
Faire l'amour
Faire son nid
Faire beau
Faire ses dents
Faire une sale tête
Faire le deuil
Faire face
Faire mal
Faire ses valises
Faire du bruit
Faire le mort
Faire chaud
Faire froid
Que faire?
Faire le sauvage
Faire ni chaud ni froid
Faire erreur
Faire dur
Faire tard
Faire du souci
Faire sourire
Faire l'amour
Faire son nid
Faire beau
mardi 6 juillet 2004
Psychologue à 5 sous
Je me rappelle mes 5 ans, mes courses effrenées où ma mère me poursuivait sur le terrain devant chez moi. Elle feignait de courir à toute vitesse, à bout de souffle, les bras au ciel, et criait qu'elle allait m'attraper, qu'elle allait me manger. Moi, je fuyais dans de grands éclats de rires terrifiés, jusqu'à ce qu'elle m'attrappe dans un grand «Ha Ha Ha» d'ogresse. Et chaque fois, le dénouement de cette poursuite me laissait avec une douce déception; me retrouver prisonnier de ses bras ne m'apportait pas le réconfort, le bonheur imaginé. Je me débattais, je repartais, je criais «encore, encore» en y croyant de moins en moins...
C'est ce que font les mères: manger leur fils en riant, en leur faisant promettre de ne jamais grandir, en leur promettant qu'elles les garderont toujours au creux de leur bras.
Sans le savoir, à 5 ans, j'avais compris la vie de la plupart des hommes: fuir une femme aux bras tendus, qui menace de nous manger d'amour. Et dès que ces hommes abandonnent la course et se laissent attraper, ils ne trouvent qu'un vague et éphémère réconfort.
Je me relis et je crois qu'il ne me reste plus qu'à m'ouvrir un bureau de consultation sur le trottoir devant chez moi.
5 sous la consultation.
C'est ce que font les mères: manger leur fils en riant, en leur faisant promettre de ne jamais grandir, en leur promettant qu'elles les garderont toujours au creux de leur bras.
Sans le savoir, à 5 ans, j'avais compris la vie de la plupart des hommes: fuir une femme aux bras tendus, qui menace de nous manger d'amour. Et dès que ces hommes abandonnent la course et se laissent attraper, ils ne trouvent qu'un vague et éphémère réconfort.
Je me relis et je crois qu'il ne me reste plus qu'à m'ouvrir un bureau de consultation sur le trottoir devant chez moi.
5 sous la consultation.
dimanche 4 juillet 2004
Elle
Elle joue la précieuse,
Elle fait la petite fille,
Elle a trop d'énergie le matin,
Elle a fait trop de guerres,
Elle tente de séduire, toujours,
Elle force les pièces du casse-tête pour qu'elles s'emboitent,
Elle est impatiente,
Elle est jalouse,
Elle est possessive,
Elle est contradictoire,
Elle m'aime,
Elle me manque.
Elle fait la petite fille,
Elle a trop d'énergie le matin,
Elle a fait trop de guerres,
Elle tente de séduire, toujours,
Elle force les pièces du casse-tête pour qu'elles s'emboitent,
Elle est impatiente,
Elle est jalouse,
Elle est possessive,
Elle est contradictoire,
Elle m'aime,
Elle me manque.
samedi 3 juillet 2004
Où est Jean?
Suis-je en train de répéter une sempiternelle même erreur?
Suis-je à la poursuite d'un idéal inatteignable?
Ne devrais-je pas me sentir libre, allégé?
Comme toute ma relation avec elle, j'intellectualise tout. Ma tête dit. Petit, c'était simple; On jouait à «Jean dit...» et on écoutait, on obéissait. Si on avait le malheur d'exécuter un ordre que Jean n'avait pas dit, out, fini. Mais Aujourd'hui, Jean ne dit plus rien. Où est passé Jean?
Ce matin, elle me manque.
Ce matin, je ne veux pas me retrouver dans d'autres bras.
Ce matin, j'essaie de ne pas l'imaginer pleurer.
Ce matin, je suis un con.
Suis-je à la poursuite d'un idéal inatteignable?
Ne devrais-je pas me sentir libre, allégé?
Comme toute ma relation avec elle, j'intellectualise tout. Ma tête dit. Petit, c'était simple; On jouait à «Jean dit...» et on écoutait, on obéissait. Si on avait le malheur d'exécuter un ordre que Jean n'avait pas dit, out, fini. Mais Aujourd'hui, Jean ne dit plus rien. Où est passé Jean?
Ce matin, elle me manque.
Ce matin, je ne veux pas me retrouver dans d'autres bras.
Ce matin, j'essaie de ne pas l'imaginer pleurer.
Ce matin, je suis un con.
vendredi 2 juillet 2004
Les Vrais Mensonges
Comme un lâche, comme un kamikaze, comme un dieu cruel, je viens d'arracher son coeur. Elle pleure. Elle crie. Mais le pire c'est quand elle ne parle pas. Elle veut mourir mais son corps continue d'inspirer, d'expirer, d'inspirer...
J'aurais dû le faire plus tôt. Je l'ai fait alors que de beaux mensonges d'amoureux avaient été soufflés aux creux des épaules, des beaux et des vrais.
Comment aimer sans être amoureux?
Cette fille a beaucoup représenté: couple, enfants, foyer... Avec le temps, c'est ce dont je suis devenu amoureux. Trop de tout cela, pas assez d'elle.
Et voilà que je me retrouve, comme un con, à murmurer «je suis désolé...» alors qu'elle se déchire le ventre, alors que ses lèvres bougent et récitent d'inaudibles prières, alors qu'une bombe détruit son pays.
J'étais un pays.
J'aurais dû le faire plus tôt. Je l'ai fait alors que de beaux mensonges d'amoureux avaient été soufflés aux creux des épaules, des beaux et des vrais.
Comment aimer sans être amoureux?
Cette fille a beaucoup représenté: couple, enfants, foyer... Avec le temps, c'est ce dont je suis devenu amoureux. Trop de tout cela, pas assez d'elle.
Et voilà que je me retrouve, comme un con, à murmurer «je suis désolé...» alors qu'elle se déchire le ventre, alors que ses lèvres bougent et récitent d'inaudibles prières, alors qu'une bombe détruit son pays.
J'étais un pays.
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