mercredi 20 mai 2009

Attention, je vous écoute...

Alors que nous roulions sur l'autoroute, ma petite constate qu'un nuage plus bas que les autres cache un partie du sommet du mont Saint-Hilaire.

« Oh non! Un nuage est tombé... »

Romane, 3 ans.

vendredi 15 mai 2009

Ça me va comme à Gand

Par le passé, j'ai été plusieurs années végétarien. Lacto-ovo, pour les initiés: pas de bœuf, pas de poulet, pas de poisson. Je trichais tout de même un peu en mangeant du fromage fait à l'aide de présure animale (que j'étais fou!) Cette façon de manger n'était pas tant par goût que par convictions écologiques.

Depuis, je suis tranquillement revenu à la viande mais encore aujourd'hui, je n'achète pratiquement jamais de viande rouge, si ce n'est que dans les restos français où j'ai de la difficulté à résister à l'appel de la bavette à l'échalote.

Mes années de végétarisme (et non de végétation!) m'ont ouvert à de nouvelles cuisines, à de nouveaux ingrédients. J'y ai entre autres découvert l'existence du seitan, que le tofu pouvait être très bon s'il était bien apprêté, et j'ai été initié à de la bouffe indienne entièrement végé (Un délice! Petite plogue: Pushap. À l'époque, il n'y avait qu'un Pushap à Montréal et mes cheveux blonds roux ne passaient pas inaperçus auprès des habitués de la place...)

Tout ça pour dire qu'encore aujourd'hui, ce qui motive mes élans végétariens - plus modestes - est l'environnement. J'ai toujours dit que si tout le monde cessait de manger de la viande ne serait-ce qu'une fois par semaine, la planète ne s'en porterait que mieux et l'effet d'entrainement - ainsi que l'ouverture à d'autres mets et d'autres ingrédients - aidant, plusieurs passeraient d'un jour par semaine à deux, puis trois... L'humain resterait un omnivore, mais un omnivore responsable. Un jour sur sept, pour les amateurs de statistiques, c'est près de 15% de moins de cochons tués, de bœufs qui pètent, d'odeur de purin à supporter...

Et voilà que Gand ouvre la voie!

Quand Montréal, voire le Québec tout entier fera-t-il la même chose?

Comme dirait un ami qui habite maintenant la Belgique: parfois, la vie est belge!

mardi 12 mai 2009

La Norme et moi (ou comment garder modeste l'énorme)

On en dira bien ce qu’on voudra, ce n’est pas toujours un atout de ne pas avoir une parfaite conscience de l’image qu’on projette. Ainsi, je suis toujours surpris d’apprendre que des lecteurs de ce blogue ne laissent pas de messages de peur d'y commettre des fÔtes. J’en profite donc pour ajuster le tir.

Côté rectitude linguistique, je ne suis pas aussi intransigeant que je le parais. Oui, je m’amuse des erreurs et des coquilles d’autrui (comme des miennes !) quand elles sont drôles, quand elles ont un double sens ou une profondeur invisible au premier regard (et même au second…)

Je considère le respect des règles orthographiques et grammaticales de base comme une politesse élémentaire envers les autres et soi-même telle l’est une bonne hygiène personnelle. Mais au même titre que cette dernière, corriger à tort et à travers peut être indicateur d’une pathologie psychologique et peut gêner inutilement. Par désir que tout sente bon, on ne vaporise pas son parfum sur tout un chacun sans risquer d’incommoder les gens et d’éveiller des réactions allergiques. Aussi, trop de douche et de savon rend la peau sèche et ride prématurément.

Toutefois, je pardonne mal le fait de sentir le petit canard à la patte cassée en situation formelle (comme sur un menu ou dans un curriculum vitae par exemple)…

N’empêche que souvent, quoi de mieux qu’une entorse au code syntaxique, l’abus de parenthèses (Hé ! Hé !), un néologisme ou une orthographe oralisante pour s’assurer que notre langue n’est pas encore momifiée ?… Il faut se souvenir que le dictionnaire est un portrait de la langue, et non le contraire, ce qui complique grandement ma tâche quand vient le temps d’enseigner la langue, j’en conviens.

samedi 2 mai 2009

Correction

- Je peux vous parler?

C’était Cecilia, une de mes étudiantes les plus appliquées cette session. Elle se tenait droite dans le cadre de porte de mon bureau. Dans sa main, quelques feuilles roulées qu’elle tenait trop fermement.

- Moui. Ça va, Cecilia?

- Pas vraiment. Je voulais vous parler de ma composition.

Elle m’a tendu le rouleau de papier tout chiffonné.

- Je voudrais que vous le recorrigiez.

Dans un concours d’impolitesse, Cecilia savait prendre les devants rapidement. Devant sa mauvaise humeur manifeste, j’ai choisi de passer outre.

- On peut regarder la correction ensemble, si tu le veux.

J’ai rapidement regardé la note : 85% avant les fautes.

- C’est pas mal, 85%, non?

- C’est parce que je n’ai PAS eu 85% mais 55%! 55% monsieur! C’est ri-di-cule. Mon travail vaut plus que ça!

- En effet, dis-je. Il vaut 85%. Mais tu as fait… laisse-moi regarder… 93 fautes! Compte-toi chanceuse qu’il n’y ait que 30% de la note alloués aux fautes! Selon moi, 93 fautes, ce devrait être un zéro automatique.

J’avais déjà eu ce débat avec des collègues. À mon arrivée au cégep, j’enlevais un pour cent par faute, sans limite. 100 fautes = 0% avant même d’évaluer le reste. Disons qu’après la surprise initiale, les étudiants se forçaient un peu pour ouvrir leur dictionnaire. D’ailleurs, à l’époque, une évaluation de moi sur Internet me traitait de «bitch» à la correction. J’en étais pas peu fier! Mais les collègues m’ont fait comprendre (lire : m’ont obligé à comprendre) qu’un maximum de 30% pour les fautes était la règle. Je suis encore convaincu que c’est un maximum ridicule et qu’un étudiant qui fait 120 fautes ne mérite pas la même note que celui qui en fait 30, et surtout ne mérite pas de passer un cours de français de niveau collégial (pas secondaire : collégial!). Mais non, on fait passer à 70% des étudiants qui ne savent pas chercher un mot dans le dictionnaire, qui accordent des adjectifs au pluriel en y ajoutant -ent…

- Oui, mais ma compo fait près de 900 mots. 93 fautes sur plus de 900 mots, ça signifie plus ou moins 90% de mots bien écrits, non?

Là, j’avoue que sa logique m’a scié.

- Ne joue pas à l’idiote. Tu sais bien que ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.

- En plus, il y a plein d’endroits où vous écrivez que ça ne se dit pas, que la phrase est anagrammaticale…

- agrammaticale.

- C’est ça je disais. Pourtant, j’ai montré les phrases à des amis, et ils les comprennent.

- C’est pour ça que j’ai écrit agrammaticale et non incompréhensible.

- Mais si vous comprenez, il est où le problème?

J’ai regardé derrière elle. Aucune caméra, aucun moustachu pour crier «Surprise sur prise!» J’ai soupiré.

- Pour ce que je vois, on a un problème d’intercompréhension et qu’il n’y a pas de problème avec la correction de ce travail.

- Oui il y en a un : c’est pour cela que vous allez le recorriger! Je ne suis pas au cégep pour avoir des notes de 55%.

Euh…

- En effet, tu es au cégep pour… (j’ai faussement hésité) …apprendre!?

- Et pour avoir ma bourse d’excellence!

Voilà, on y était. La bourse d’excellence comme objectif pédagogique. L’apprentissage devenait secondaire.

- J’avoue que ta note ne t’aidera pas dans l’atteinte de tes objectifs pédagogiques, ajoutai-je, un rien railleur.

- C’est pour cela que vous allez recorriger mon travail. J’ai travaillé plus que n’importe qui pour ce travail, ce n’est pas juste que j’aie 55%.

- Tu sais, Cecilia, un travail scolaire, c’est comme une compétition d’athlétisme : ce n’est pas nécessairement celui qui s’est le plus entrainé qui finit premier.

Mon étudiante semblait me trouver vraiment étrange avec mes analogies à la con. Elle a choisi de l’ignorer et de continuer sur un ton faussement compatissant.

- Mais en même temps, je ne suis pas bête. Je sais qu’avec tous les étudiants que vous avez, vous n’avez pas le temps de bien corriger tous les travaux que vous recevez.

Houla… Volà qu’elle m’accusait de bâcler mon travail, de tourner les coins ronds.

- Tu sais, Cecilia, si tu veux une nouvelle correction, il y a une façon de le demander. Je te laisse deviner comment mais je te donne un indice : ce n’est pas comme tu l’as fait ce matin. Ensuite, si tu crois qu’une révision de notes s’impose, tu peux en faire la requête, la marche à suivre est indiquée dans ton agenda. Jusqu’ici, tout ce que j’ai entendu, c’est une fille frustrée de recevoir une mauvaise note qui, malheureusement, reflète la qualité de son travail. Ma seule recommandation est de te reprendre au travail final.

Elle semblait à peine décontenancée.

- Mais… Je n’ai jamais, JAMAIS eu de notes aussi basses en français au secondaire.

- Donc ce n’est pas ma correction le problème, mais bien celle de tes profs au secondaire.

- Il faut dire que c’était facile au secondaire, le groupe était super faible.

- Je te laisse en tirer tes propres conclusions.

Elle m’a regardé d’un air un peu dubitatif, toujours avec des éclairs de colère dans les yeux.

- Je crois qu’on a fait le tour de la question, ai-je ajouté pour conclure la discussion.

- Non, vous allez quand même recorriger mon travail.

- Quand tu me le demanderas, je verrai si je le ferai.

Sa mâchoire est littéralement tombée au sol.

- Mais je vous le demande depuis 20 minutes!

- Écoute Cécilia : je te laisse là-dessus. Tu réécouteras cette conversation dans ta tête chez toi. Puis la semaine prochaine, si tu veux encore une recorrection de ton travail, tu me la demanderas. Sur ce, il faut que tu partes, j’ai du travail. Des corrections que je n’ai pas le temps de bien faire, justement.

Le cours suivant, Cecilia ne m’a pas adressé la parole. Elle était assise juste devant moi et a passé les 3 heures du cours à me fusiller du regard. J’étais un canard au stand de tir. Sorry, nice try but no toutou.

Aux dernières nouvelles, Cecilia se préparait comme jamais pour son travail final. Je lui souhaite de tout cœur un 90%. Et si jamais elle l’obtient, je suis sûr qu’elle se dira que j’étais un mauvais prof.

Le pire, Cecilia. Le pire.

mardi 21 avril 2009

Les Misérables

On parle partout de l'interprétation de Susan Boyle ces temps-ci. Vous avez probablement vu la vidéo sur Youtube. Sinon, allez la voir ICI, je vous attends.




Alors? Ça vous met la larme à l'œil, non? Son interprétation de la chanson «I Dreamed a Dream» des Misérables vaut le détour, hein? Le vilain petit canard qui devient un cygne?
Pourtant…

Sur le coup, c'est ce que j'ai cru aussi. Puis, j'ai relevé la garde.

Au-delà de ce public qui crie et applaudit à tout rompre sans réellement écouter Susan Boyle (quelqu'un peut me foutre dehors cette culture criarde et insupportable?), quelque chose en moi grimaçait. Et ça se déroule avant que madame Boyle ne chante.

Tout le monde (du moins c'est ce que laisse entendre la caméra), nous compris, se moque de cette femme. Parce qu'elle ne rencontre pas les critères de beauté de notre société, qu'elle semble avoir le double de son âge et qu'elle nous aparaît légèrement abrutie et peu dégourdie, imbue d'une assurance démesurée et ingénue.

Il y a quelques semaines, on discutait des enfants souffre-douleur dans nos écoles, de leurs insoutenables bourreaux, de l'exemple que ces derniers tirent d'on ne sait où. Et voilà cette vidéo. Une femme qui chante Les Misérables devant une salle comble de bourreaux, avec des caméras de bourreaux, regardée par des millions de bourreaux. Comme métaphore, on ne peut mieux!

Bien qu'elle remportera probablement le premier prix à Britain's Got Talent, Susan Boyle ne mérite pas de gagner; elle a chanté comme des centaines de jeunes femmes en sont capables. C'est plutôt nous qui méritons de perdre. Nous et nos préjugés préhistoriques. Nous et notre petit rire moqueur. Nous et notre soudain intérêt pour cette dame qu'on a depuis toujours rejetée.

La prochaine fois qu'elle montera sur scène, j'espère qu'elle nous crachera au visage.

Depuis le temps qu'on le mérite.

jeudi 9 avril 2009

La Tague littéraire

J'ai toujours détesté jouer à la tague, et les tagues sur Internet, encore plus. Depuis le temps que je traîne sur le web, les gens commencent à le savoir et ne me la refile plus. Celle-ci, cependant, je prends la liberté de me la donner. J'ai lu avec grand plaisir les réponses des quelques blogueurs qui y ont répondu. Alors je me prête à l'exercice…

1. Plutôt corne ou marque-page ?

Je corne. Je marque-page. J'écartèle aussi. Je suis le bourreau des livres. Je n'ai pas de pitié pour les objets, aussi livresques soient-ils. J'aime les choses et les gens qui ont du vécu, des cicatrices, les dents jaunes. J'aime bien aussi les livres qui portent la marque d'autres lecteurs, comme des notes dans les marges, ne serait-ce que pour les trouver cons (ou géniaux!).

2. Un livre en cadeau ?

Mais qu'est-ce cette question? J'ai beau essayer, je crois que je ne pourrais être ami avec quelqu'un pour qui le livre ne peut être un cadeau.

3. Lis-tu dans ton bain ?

Nah. J'aime pas avoir les mains hors de l'eau et je ne connais pas de livre qui lévite…

4. As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

Oui. C'est pas une surprise pour personne. Avec un peu de chances et beaucoup de travail (j'en suis aux corrections), il y en aura un premier bientôt…

5. Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

Tant que ce n'est pas une sauce qu'on étire ou une recette répétée à des fins commerciales, je ne vois pas le problème. C'est quand même mieux qu'un condensé du livre dans les Sécrétions de lectures indigestes…

6. As-tu un livre culte ?

Oui. Des livres auxquels je retourne quand j'ai perdu confiance en l'humain, que j'ouvre au hasard, que je lis deux minutes ou pendant des heures. Je ne nommerai qu'un titre (parmi tant…) parce qu'il n'est malheureusement plus disponible (depuis 20 ans…): Apparence de Jacques Boulerice, mon initiation à la nouvelle et à la poésie, le livre qui sert encore aujourd'hui d'inspiration pour les textes plus littéraires de ce blogue.

7. Aimes-tu relire ?

Peu. Ça me lasse. Sauf pour la poésie. Là, j'y reviens toujours. Comme pour un dictionnaire, mais pour les émotions.

8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés ?

C'est comme rencontrer un grand athlète. J'y vois peu d'intérêts. Soit ils sont décevants, soit ils sont trop impressionnants. Quand j'en rencontre, ensuite, immanquablement, ça teinte mes lectures. Je déteste.

Malgré cela, mes intérêts, mon boulot, ce blogue et mes anciennes habitudes alcooliques m'ont amené à en côtoyer quelques-uns qui sont aujourd'hui de très bons amis.

9. Aimes-tu parler de tes lectures ?

Oui et non, je ne sais pas. J'adore en entendre parler. Mais en parler… J'ai la digestion trop lente pour éructer de bonnes réflexions immédiatement après une lecture.

10. Comment choisis-tu tes livres ?

Premièrement: la couverture. Je suis attiré par les couvertures blanches et sobres comme celles de Leméac, de POL et de Septentrion - Hamac. Trop de couleurs me rebutent. Les couvertures de best-seller anglo-saxons me lèvent le cœur.
Deuxièmement: le titre.
Troisièmement: la première page.
Quatrièmement: si le livre passe avec succès toutes ces étapes, je m'en remets au hasard et je lis une page au centre du livre, n'importe laquelle.

Mais avant tout cela, j'avoue me laisser influencer par les critiques littéraires. Chantal Guy, entre autres, me ferait lire Harry Potter si elle en parlait en bien…

11. Une lecture inavouable?

Je ne vois pas laquelle. J'assume tout.

12. Des endroits préférés pour lire?

Nah. Partout me va: bar, balcon, bibliothèque. Sauf dans les autobus. Ça me donne le mal du transport (je sais, ce n'est pas fort pour quelqu'un qui a lu des livres sur un voilier en plein cœur de l'Atlantique… Question de paysage, j'imagine).

13. Un livre idéal pour toi serait ?

Avec de pages.

14. Lire par-dessus l’épaule ?

Non. Par pur égoïsme. Je n'aime pas partager mes lectures quand je lis. Ce sont MES mots ou TES mots. Pas de garde partagée possible ici.

15. Télé, jeux vidéos ou livre ?

J'avoue ne pas être très jeux vidéo. Sinon, euh… Je suis livre ET télé.

16. Lire et manger ?

C'est quoi le problème (sinon pour Dame V)?

17. Lecture en musique, en silence, peu importe ?

Silence ou bruit, mais pas de musique. Sinon, c'est comme imposer une trame sonore à un film. Et s'il y a de la musique, il ne faut pas que les chansons soient en français, sinon c'est imposer un texte au texte... L'anglais me dérange pas. Mon cerveau ne le distingue pas de la bombarde, alors…

18. Lire un livre électronique ?

Je ne sais pas, je n'ai jamais tâté le livre électronique. Mais je serais tenté de dire papier. Pour l'odeur, la texture, l'illusion d'une plus grande permanence.

19. Le livre vous tombe des mains : aller jusqu’au bout ou pas ?

Non. Je n'ai aucune misère à abandonner une lecture qui m'ennuie. Il y a trop de trucs à lire pour m'emmerder avec un livre. Je pose alors le livre sur la pile des inachevés (elle est haute!) Parfois, après plusieurs années, je reviens à une lecture ennuyante et je me surprends à la trouver incroyablement forte… je ne suis pas toujours prêt voire mûr pour tout affronter.

20. Qu’arrive t-il à la page 100?

S'il arrive quelque chose de spécial, je soupçonne la recette et je deviens méfiant…

21. Un livre que tu donnerais à ton pire ennemi?

Voir question deux.
Je ne donne pas de livre à un ennemi. Je ne tiens pas à l'instruire.



Voilà. Je ne donne la tague à personne. Je la laisse ici. Prenez-la si elle vous intéresse…

samedi 4 avril 2009

Un Tas de niaiseries

L’avantage des déménagements est qu’on retrouve des trucs oubliés sous la poussière. Parfois ces trucs vont directement sur le trottoir, alors que d’autres fois, on se demande comment on a pu oublier ces précieux trésors si longtemps (un peu comme les vieux amis qu’on retrouve sur Facebook. Menfin, je m’égare…) Toujours est-il que je suis tombé sur une vieille boîte de photos. Un tas. Quelques centaines. Rien de classé, aucun album. Je n’ai jamais eu d’ordre.

Tout s’est alors suspendu. Je me suis vu projeté dans mon passé, en désordre, à 5, à 28, à 16 ans. Des photos parfois décolorées, parfois en noir et blanc. Des photos d’amis, de parents, de moi. Seul sur certaines, avec un faux sourire, parfois avec un vrai, ou avec des amis - les meilleurs du monde à l’époque - et des blondes pour lesquelles j’aurais fait des kilomètres nu sous la neige il y a 25 ans et dont je me souvenais du nom qu’avec peine aujourd’hui.

Je me suis souvenu des activités de l’époque, de mes niaiseries, de mes rêves, de mes opinions. Et c’est en souriant (et en soupirant un peu) que je me suis dit que j’étais don’ niaiseux autrefois. J’ai remis le couvercle sur cette boîte avant de la ranger.

J’espère que dans une vingtaine d’années, quand je tomberai par hasard sur un fichier égaré de photos numérisées de 2009, je serai capable d’en dire autant.

vendredi 27 mars 2009

Phobophobie de la peur

On savait que ça arriverait. Parce qu'on est passés par là, parce qu'on nous avait prévenus. Mais on ne pensait pas être pris au dépourvu à ce point.

La petite, à la veille de ses trois ans, a développé un tas de petites peurs qui deviennent tranquillement préoccupantes: peur du noir, peur de sa chambre le soir, peur des voleurs, peur des bruits de pas des voisins, peur des inconnus. Jusque là, on nageait dans cette soupe sans trop de problèmes, surtout qu'il semble courant à cet âge de développer des craintes irraisonnées, sans compter les incertitudes qu'amène la venue prochaine d'un petit frère.

Cependant, la soupe devient potage: les peurs se sont accentuées et leur pire manifestation est maintenant une peur phobique des inconnus, surtout quand il s'agit d'hommes (mais aussi de femmes parfois, bien que ce soit plus rare), au point où elle s'agrippe à nous en hurlant comme si nous la menacions de lui faire prendre un bain de lave.

Je sais ce que vous pensez. On y a pensé aussi. Pas de gaité de coeur, mais il fallait bien s'y arrêter. On a fait le tour des possibilités et pourtant rien ne colle; elle n'a jamais été seule avec des étrangers et elle ne craint personne de son entourage qui a déjà passé ne serait-ce que trois secondes seul avec elle.

On se rassure: dès que la «menace» est passée, elle redevient la petite fille enjouée, rieuse, curieuse et volubile habituelle.

Mais nous, on fait quoi? Comment parer les peurs sans les cristalliser, sans qu'elles deviennent phobophobie (la peur d'avoir peur)? Comment les faire disparaître sans faire le travail à sa place?

Il n'y a peut-être pas de réponse. C'est probablement une autre de ces joies d'être parent, un autre de ces milliers de points d'interrogation qui retardent notre sommeil le soir venu et qui nous grisonnent tranquillement les tempes. C'est peut-être juste la vie aussi.

dimanche 22 mars 2009

Les jeunes, les clémentines, même combat...

Les clémentines d'aujourd'hui:
en plus d'être vulgaires, elles ne savent plus écrire.

Quand j'étions petit, elles auraient eu une fessée...


mardi 17 mars 2009

Rebondissements du printemps

Chez certains, le printemps ranime l'enfant enfoui en eux. Moi, c'est le pacifiste. Car croyez moi, quand l'hiver s'étire le bras un peu trop longtemps en mars, l'envie de mordre me prend.

Tout y passe, personne n'est à l'abri. La moindre inconstance, la plus petite parcelle de contradiction, l'ombre d'une menace de faux-pas m'apparaît alors comme une idiotie sans nom. Ceux qui me côtoient le savent: depuis quelques semaines, je frappe tout ce qui bouge (et ce qui montre le désir de bouger): PETA, les phoques, les humanistes et leur publicité athée, le pape, les écologistes, les VUS, le Canadiens de Montréal, les syndicats, le patronat, l'industrie du cinéma, les critiques, les nids de poules, l'asphalte entre les nids, tutti quanti et son contraire, du moment que ça marche un peu de travers: takakakata! Je vide le chargeur! Heureusement, j'ai eu la décence de ne pas mettre en ligne sur ce blogue les billets que ça a amenés.

Mais voilà qu'une fois le chargeur vidé, essoufflé, je vois un rayon de soleil de mars, des pousses vertes qui se pointent entre des restes de neige sale, le ventre de Dame V. qui s'arrondit à me pousser hors du lit, et la petite qui découvre le plaisir de kicker un ballon; pas de but, pas de point, pas même de stratégie: juste le plaisir de botter du caoutchouc.

Ma blonde en balloune, ma fille et son ballon… Comme quoi quelques rebondissements peuvent faire taire bien des guerres.

samedi 14 mars 2009

La nuit, il mentait


Il a fait la cour à des murènes, il a fait l'amour, il a fait le mort...
(adaptation de La nuit je mens)

Il fallait bien qu'un jour, il le fasse pour vrai.

Ciao Bashung!

mercredi 11 mars 2009

Une Soirée au pays des Indignes

Il était une fois des mères. Des mono et des duo, des chevronnées comme des néo du nouveau-né. Des mères qui en avaient marre de vivre dans leur coin le fameux rêve de la maternité, les cernes jusque là, car c'est bien beau de rêver les yeux ouverts, un moment donné, il faut dormir et elles aimeraient bien que le petit dernier fasse ses 3 heures collées.

Quelques unes de ces mères ont décidé de briser leur isolement en fréquentant la blogosphère et elles se sont rendu compte qu'elles n'étaient pas seules à leur table à langer: les blogueuses-mères racontant leurs pipi-ripéties, il y en avait un tas qui sortait en fin de leurs couches... Du lot, une s'est rapidement distinguée. On ne sait trop comment ni pourquoi elle (enfin, il y a bien quelques pistes...), mais cette mère devint leur figure de proue, leur leadeuse, leur Jack de leur île perdue: Mère Indigne.

Et cette mère fait des vagues par les temps qui courent: livraison d'un 2e bouquin, apparition aux populaires émissions TLMEP et Christiane Charrette (entre autres), et... source de la nouvelle série web Mère Indigne dont le lancement-coquettelle-photo avait lieu lundi soir dernier.

La salle était remplie de mères blogueuses. Il y avait bien quelques hommes (dont moi! Hé! Hé!), mais nous étions minoritaires et discrets (comme les pères blogueurs, a lancé quelqu'une durant la soirée).

L'atmosphère était joyeuse: l'indignité maternelle était reconnue, tout comme le fait de bloguer. Il n'en fallait pas plus pour dessiner des sourires sur toutes les lèvres.

Certains diront: Wow! Tu étais chanceux d'avoir été au milieu de toutes ces femmes!
«Quiconque a déjà nagé nu dans l'Amazone sait bien que le piranha aime mordre le petit bout de peau qui pend» dit un proverbe brésilien (j'ai mes sources) et lundi soir, j'ai essayé de garder mon maillot et de rester en eau connue. Mais est arrivé ce qui devait arriver: une inconnue.

-Bonjour Mademoiselle!
-Mademoiselle?! Je ne suis pas une mademoiselle. C'est péjoratif! Machiste! Mademoiselle! Pfff...

À la deuxième inconnue, je me suis repris:
-Bonjour Ma...dame!
-Madame!? Mais quel âge penses-tu que j'ai? J'ai l'air si vieille? Pfff...

À la troisième, j'ai joué «safe»:
-Bonjour... (rapide coup d'oeil au porte-nom autour de son cou) Marie-Truc!
-Bonjour (sec, froid, main désintéressée). C'est pratique ces porte-nom pour vous, les hommes; vous en profitez pour nous reluquer le grand canyon!?! Malotru. Pfff...

Alors je suis retourné à mon gin-tonic. Après on se demande pourquoi les gars restent au bar à téter sa froide...

Puis la messe a commencé. Tout le monde était pendu aux lèvres de France Beaudoin (moi le premier), de Mère Indigne (moi le premier), de la réalisatrice, des comédiens. Le bonheur général était contagieux et la gloire de Caroline Allard semblait être un peu celle de toutes les mères dans la salle. Pagnol en aurait révisé ses titres.

La seule ombre (pas pour moi, mais j'ai mon soleil bien personnel...) à ce qui avait parfois des airs de défoulement collectif fut quand la Mère Indigne de la série, Marie-Hélène Thibault, a comparé le monde de blogues - qui lui était étranger - (et donc ce rassemblement de blogueuses) à une réunion de Trekkies. Il y a eu quelques rires timides mais j'ai bien ri (dans ma barbe, je tenais à la vie...): non, ces femmes n'étaient pas accros à leur blogue, et quelques unes se sont empressées d'immédiatement le «bloguer» sur leur portable, de le «twitter» via leur iPhone (vrai de vrai!). Des Trekkies?! Pfffff....

Mais farces à part, c'était super, cette soirée au pays des Indignes.

Mère Indigne, le phénomène, est rendu gros. Très. Et ce n'est qu'un début car après le blogue, les livres (ici et ici) et la série web, Mère Indigne part à la conquête de la France armée de ses bouquins.

Après avoir visionné quelques épisodes de la série web, où il ne manque que la belgitude de Père Indigne (mais bien remplacée par la québécitude de Stéphane Archambault), on est convaincu que Caroline Allard est un trésor qu'il faut partager.

dimanche 8 mars 2009

Ne pas manquer la sortie...

La voiture roulait comme si elle connaissait par coeur le chemin pour Québec. L'idée d'un aller-retour dans la même journée lui plaisait autant qu'à moi, comme si pour elle aussi, le voyage avait un petit goût d'innocence passée où ce genre d'escapades était normal, habituel, et son motif était plaisant: le lancement du recueil de nouvelles d'Éric Simard.

À mes côtés, mon co-pilote du jour semblait aussi joyeux que moi. Je connais Pierre depuis quelques années. Il est de ces belles personnes que ce blogue m'a permis de rencontrer. Dès la première rencontre, on s'est plu. Pierre a le bonheur calme et l'intelligence vive et discrète de ceux qui n'ont rien à prouver à personne. Et comme je devais aussi avoir quelque chose d'aimable... Menfin, je suppose.

Par contre, cette escapade révélait une part de risques: conduire sur plus de 500 kilomètres avec un chauffeur de taxi à sa droite me paraissait aussi malaisé qu'enseigner à des profs, construire une maison à un architecte ou écrire une lettre à un écrivain. De plus, lui et moi avions bien échangé quelques propos le temps d'une bière et nous étions écrit moult commentaires sur nos blogues respectifs, rien ne nous avait préparés à un huis clos automobile de plus de 5 heures, sans compter le temps en sol québécois.

Cependant, dès le départ, tout a coulé de source: discussion, choix musical, trajet (vous direz qu'entre Montréal et Québec, le choix n'est pas très grand, et vous n'auriez pas bien bien tort... Mais cessez d'être rabat-joie). Nous traversions les zones de turbulences potentielles avec l'aplomb des amis de longue date. Même nos silences, bien que rares, étaient agréables. D'ailleurs, je ne sais pas comment ça se passe pour les filles, mais moi, je n'ai pas encore trouvé de meilleur indicateur de bonne entente que le silence en huis clos avec l'autre: si ces silences se traversent sans malaise et sans hâte, l'amitié mâle est scellée.

Pourtant, j'ai commis un impair. Imaginez: sur l'autoroute 40, j'ai raté une sortie! Primo: devant un chauffeur de taxi, c'est la honte. Secundo: sur un trajet de 250 kilomètres comportant 2 sorties obligatoires (une à Québec et une à mi-chemin, à Trois-Rivières), on parle d'un tour de force en matière d'incompétence! J'étais absorbé par la conversation et je suivais paresseusement et sans question une autre voiture qui elle, se dirigeait vers Shawinigan. Elle aurait choisi le champ que je serais allé paitre sans me poser de question. On a bien ri!

Le reste du trajet s'est fait tantôt légèrement, tantôt sous le sceau de la confidence, et s'est le cœur joyeux que nous sommes rentrés chez nous en fin de soirée.

Entre Montréal et Québec, la route est longue et pas toujours des plus jolies. Mais je suis revenu de ce voyage avec 2 bons livres (celui d'Éric Simard, et Enthéos de Julie Gravel-Richard), le souvenir de belles rencontres, et un ami, un vrai. Comme quoi on ne peut manquer toutes les sorties.

***

Parlant de Pierre (et de ne pas manquer de sortie!): le tome 2 d'Un Taxi la nuit sera en librairie dès mardi (le 10 mars). Même les habitués de son blogue y trouveront des surprises. Et je ne vous parle pas de la préface…
Bonne lecture!

samedi 7 mars 2009

La crise économique...


J'ai calculé: 20,37$ du litre!
Les grand-pères vont coûter cher cette année...

(chez IGA, aujourd'hui)

lundi 2 mars 2009

Attention, je vous écoute...

Alors que nous traversions la rue, ma fille s'arrête et se penche sur la neige brune et mouillée habituelle à cet endroit:

«Regarde papa, de la neige morte.»

Romane, 2 ans et demi (un brin plus)

vendredi 27 février 2009

Eux et nous seuls pouvons...

Ça court sur les blogues. Depuis la disparition de David Fortin, tout un chacun s'est senti interpellé. Avec raison. Pierre Foglia en a parlé. Puis Martin Comeau, Geneviève Lefebvre, Patrick Dion, et la FQDE. Tous apportent un éclairage nouveau à problème complexe. Et dans les commentaires, tout le monde y va de son histoire, de ses solutions qui vont des ultimatums donnés aux directions d'écoles à la préconisation de l'école privée, en passant par des sanctions plus fortes. À croire que la vision de Harper fait littéralement des petits. Le nombre de victimes d'intimidation (et donc, de bourreaux) semble immense à la lumière des discussions des derniers jours. Mais se pourrait-il que le problème soit plus grave et implique plus de gens que ce que nous croyons?

Je vous raconte deux expériences.

J'ai dix ans. Je suis petit, peu musclé, un brin intello, mais sociable (du moins j'essaie). Depuis longtemps, un petit con m'écoeure. Appelons-le Robert. Ainsi, Robert n'en manque pas une: il se moque de moi en prenant les autres à témoin, il me pousse, il me provoque… Comme je n'ai pas appris à me battre, j'abdique toujours. Pire, j'endure. Puis un jour, je me tanne et je lui crie « Ta gueule, le singe!» (Ouuuuuuuhhhh... On voit très bien que je suis un violent dans l'âme. (Avis à ceux qui me cherchent)).

Robert me prend par le collet et me donne gentiment rendez-vous après l'école.

Chose promise, chose due, et alors que je marche tranquillement vers la maison en croyant faussement m'être sauvé de quelques bleus à bon compte, Robert et un accolyte (que je croyais un de mes amis!) m'attrapent par derrière et me foutent une douce raclée sous l'œil amusé d'autres élèves qui passent par là. Il faudra l'intervention d'un vieux monsieur (le croulant doit avoir 40-45 ans!) pour que cesse l'averse.

Mes parents portent plainte et le directeur d'école nous convie, Robert et moi, à son bureau. On est vachement intimidés. Surtout moi, le petit garçon modèle qui craint l'autorité et la déception de l'adulte. Le directeur nous demande ce qui s'est passé. Euh... Comment avoir conscience, à dix ans, des années d'intimidation, de leur rôle dans le déroulement des événements? Comment le raconter à quelqu'un de neutre qui ne nous connaît pour ainsi dire pas?

Le verdict tombe rapidement: comme j'avais traité Robert de singe, lui et moi étions quittes.
«Serrez-vous la main et retournez en classe.»

Le directeur ne pouvait pas savoir.

***

Seconde histoire.

J'ai onze ans. Toujours même gabarit, toujours même personnalité, sinon mieux ancrée.

Un morveux, fraîchement arrivé en ville et visiblement trimballé d'école en école depuis des années, me choisit comme souffre-douleur. Après tout, j'ai la tête de l'emploi et le biceps peu menaçant. Le morveux, appelons-le Luc, a une face à claques mais un certain charisme. Il n'a surtout peur de rien ni de personne (quand on change d'école aux années, c'est une question de survie), et ça attire son lot d'admirateurs craintifs.

Chaque fois qu'il me croise, c'est la jambette, le coup dans les côtes ou une autre trouvaille de l'art du combat. Chaque fois, ses disciples le trouvent drôle. Surtout Josée, Nathalie et Serge qui le suivent partout. Car c'est comme ça que ça fonctionne, les enfants: ils adoptent le comportement qui apparaît normal, qui est le moins menaçant. Les adultes aussi fonctionnent de cette façon.

Puis Luc disparait aussi soudainement qu'il est arrivé. Probablement pour une autre école, pour un autre souffre-douleur.

Imaginez: 30 ans plus tard, j'en veux encore à Robert. Et à Luc. Mais jamais autant qu'aux spectateurs qui, par souci d'acceptation ou par lâcheté, les ont laissé faire. Cependant, et c'est là où le bat blesse, c'est que ces derniers peuvent être n'importe qui; c'est lui, c'est elle, c'est vous, c'est même moi. On l'a TOUS déjà fait, même sans s'en rendre compte, même sans en avoir l'intention. Que ce soit par nos gestes, nos propos, nos silences, nos regards ou nos aveuglements volontaires. On a tous été victime un jour, bourreau l'autre, dans l'ordre ou le désordre.

On oublie que même dans notre regard d'adulte, les laissés-pour-compte semblent parfois avoir mérité leur rôle, et que le secret du Secret, où la bonne attitude attirerait la chance, vaut aussi pour son contraire, et qu'après quelques taloches, plusieurs se résignent et acceptent les suivantes comme on le fait avec une mauvaise météo. On oublie aussi que même dans le monde des grands, passer par dessus un ostracisme généralisé est incroyablement difficile, qu'on soit victime, bourreau, spectateur ou tout cela en même temps. Alors imaginons un peu ce que ça représente pour les enfants...

Tout cela pour dire qu'il n'y a pas de solutions faciles. On est tous impliqués d'une manière et de l'autre.

Il reste l'éducation. Et l'exemple. Surtout l'exemple.
À la lumière de ce qu'il se passe par les temps qui courent, il faut croire que ce dernier n'est pas terrible.

lundi 23 février 2009

pouet pouet pouet...

Il faudrait avertir l'équipe de Tout le monde en parle qu'avoir un scoop quelques-heures-avant-sa-publication-dans-le-journal-du-lendemain (Lagacé et le Canadien de Monréal), c'est avoir un pétard mouillé quand l'émission est diffusée 3 jours après son enregistrement.

dimanche 22 février 2009

Coupez!

Après quelques minutes de visionnement des Academy Awards, il m'apparaît évident que l'acharnement chirurgico-esthétique devrait être passible de prison ferme.

mercredi 18 février 2009

Petit pain et feuille de chou

Je n'avais pas vraiment faim, mais le luxe rare d'un deux-œufs-bacon seul au restaurant en ce tranquille matin de semaine était vraiment irrésistible. J'étais dans mon ancien quartier, à un jet de pierre des lignes de piquetage du journal de Montréal.

Dès mon entrée dans le restaurant, ce possible jet de pierre m'a inquiété: il n'y a QUE des journaux de Montréal partout et les rares clients les lisaient sans sembler constater l'étendue des dommages. J'ai interrogé la serveuse d'un ton faussement débonnaire:

- Ça ne vous gêne pas que votre resto continue d'offrir le journal de Montréal?

La serveuse a semblé vraiment surprise de ma question. Je lui aurais demandé la couleur de son string qu'elle aurait trouvé cela plus normal.

-Pourquoi? a-t-elle dit en soupirant.

- Ben, euh… Ils sont en lock-out là-bas… ai-je répondu en pointant du regard le bout de l'avenue Mont-Royal.

- Ouain… C'est triste pour eux.

Elle a profité du silence pour me servir une tasse d'eau brune, puis a continué sur un ton vaguement exaspéré:

- Je connais pas bien les revendications. Je sais même pas qui a raison dans tout cela.

- Mais…

- Je préfère pas m'en mêler et continuer d'offrir le journal aux clients, Monsieur (sur le ton: ducon-enculeur de mouches). C'est ce qu'ils veulent lire le matin.

Je n'ai pas insisté. Par paresse. Je sais, ce n'est pas correct. J'aurais dû lui dire que c'est justement là qu'on se trompe.

D'accord, on ne connaît pas tous les enjeux du conflit qui se déroule au journal de Montréal. Pour nous, spectateurs externes, il n'est pas très important de bien les connaître. Mais continuer à acheter le journal N'EST PAS se tenir à l'écart du conflit: c'est encourager la partie patronale qui a décrété le lock out; c'est lui dire qu'elle n'a pas besoin de négocier, que son journal continuera de se vendre quand même; c'est lui dire qu'on est prêt à ingérer n'importe quelle merde qu'elle nous imprimera; c'est lui donner des moyens financiers et du temps qu'on ne donne pas aux employés sur le trottoir. Ce conflit est un siège mutuel. L'un tente d'affamer l'autre et le premier à mourir de faim perdra.

Certains gens veulent être neutres, soit. Mais la neutralité signifie qu'on ne nourrit ni l'un ni l'autre.

Si personne n'achetait ni ne lisait le journal de Montréal pendant quelques semaines, les négociations reprendraient. En faveur de qui: je ne sais pas. Mais il y aurait reprise d'un dialogue.

Ne serait-ce pas également l'occasion pour voir ce qui s'écrit ailleurs - comme dans le Devoir, mettons?

Malheureusement, cela demande une certaine solidarité de la part de tout un chacun, un léger effort que visiblement, peu sont prêts à faire.


(Ce billet fait suite à celui de Chroniques blondes.)

mardi 17 février 2009

Attention, je vous écoute...

«À force de rien faire pendant un mois, un moment donné, tu fais rien.»
Diane Lebel

dimanche 15 février 2009

L'Espérance de vie



Le Moebius #120 est arrivé!


Dans ce numéro piloté par Patrick Brisebois, vous trouverez des textes de Josiane Ferron, Stéphane Larue, Alexie Morin, Raymond Bock, Reine Laurence, Véronique Cyr, Marie Deschênes, Philippe Jean Poirier, Alice Méthot, Dany Leclair, Julie Lacasse, Léa Gagnon Smith, Sylvie Plessis-Bélair, Mélissa LeBlanc, Annie Cloutier, Julie Brisebois, Jean-Philippe Tremblay, Manon Pépin, Claire de Viron, Jean-Paul Daoust... et moi!

jeudi 12 février 2009

Attention, je vous écoute...

Alors qu'elle est bien réveillée malgré qu'il soit 5h30 du matin, ma fille soulève le rideau de sa fenêtre de chambre et constate:
«Ah! Il y a un peu de nuit aujourd'hui!»

Romane, 2 ans et demi

mardi 10 février 2009

Aphorisme

Quand on ment comme on respire, on a intérêt à mentir régulièrement.

lundi 9 février 2009

Attention, je vous écoute...

«La vie, c'est comme un caramel mou: plus tu chies, plus c'est chaud.»
Daniel Gosselin

(ça vous donne une idée de l'ambiance dans notre bureau)

Qu'ouïs-je? Il vous manque un contexte?
En effet: on discutait Romain Gary et «bumper stickers».

Ça vous apprendra à poser des questions...

dimanche 8 février 2009

Saletés

Trois piles et un connecteur plus tard, la cause de mes déboires avec mon portable serait une électricité «sale» chez moi. Du moins selon les «génies du bar» de la boutique Apple. Un courant «sale», c'est un courant inégal, habituellement sans problème pour les appareils électriques, mais nocifs pour les fragiles mécaniques que sont les ordinateurs.

Usé par le temps passé en va-et-vient entre la boutique et chez moi, je me suis acheté une barre d'alimentation pour ordinateur, toujours aussi laide et volumineuse que dans mon souvenir malgré la théorie de l'évolution. Elle est aussi grosse que mon portable, c'est pour dire.

Et là, j'attends. Que la pile se décharge, puis je vais attendre un peu, puis je vais la recharger, puis etc. C'est la démarche normale avec une nouvelle pile, à ce qu'il paraît; nous tourner en bourrique maniaco-dépressive de la fiche.

Mais je tenais à vous dire que j'ai le courant propre maintenant. Du moins au bout de mon petit fil blanc. Alors si je suis trop gentil, vous saurez pourquoi.

jeudi 29 janvier 2009

Isolement

Fabien ne sait plus à quel âge il a cessé de diluer les choses.
Il lui a toujours paru incongru de vouloir goûter aux plats des amis lors d'un repas, comme si ça enlevait du plaisir à son repas, comme s'il se brossait les dents entre deux biscuits, comme s'il allait à Rome regarder un diaporama sur l'architecture chinoise. Chaque chose a son heure réservée. Après tout, si les médecins ne font entrer qu'un patient à la fois, il ne voyait pas pourquoi il en serait autrement pour sa nourriture.

Enfant, il a rapidement cessé de mettre du lait dans son chocolat en poudre. Puis il en a fait de même avec son café et ses céréales: un verre de lait à côté du bol. L'un, puis l'autre. Ensuite vinrent les pâtes sans sauce, les viandes sans légumes… Il ne détestait pas le lait ou les légumes, il préférait seulement déguster la vie par ingrédient isolé.

À l'âge de 20 ans, il suivait à la lettre le guide alimentaire canadien, sauf que chaque groupe alimentaire avait sa journée: viande - lundi, légumes - mardi, fruit - mercredi, produits laitiers - jeudi, céréales - vendredi, puis il recommençait. Le jour des fruits, jour qu'il préférait, Fabien les achetait d'un coup et les consommait dans la journée. Rien ne pourrissait jamais chez lui.

Tout cela était simple. Jusqu'à ce qu'il rencontre Marianne et son pâté chinois.

lundi 26 janvier 2009

La Voisine (dernière partie)

J'ai senti le besoin de me défendre, moi qui pensais candidement être défendu.

- Je ne l'espionnait pas, je suis allée l'avertir qu'elle faisait un boucan d'enfer alors que la petite dormait.

Les policiers ont regardé la petite qui les épiait par en dessous, intriguée par ces deux monozigotos. Comment lui en vouloir…

- C'est que cette petite… a entrepris le premier clown.

- …ne semble pas dormir, a fini le second.

J'étais dans un mauvais rêve. J'allais me réveiller et rigoler de toute cette histoire. J'ai attendu quelques secondes sans que rien ne se passe. Il fallait que j'abdique: je nageais en pleine réalité.

- Bien sûr qu'elle ne dort pas, ai-je fini par ajouter. La voisine fait du bruit et vous êtes rentrés avec vos bottes et tout.

Comme des nageuses synchronisées, les deux représentants de la loi ont regardé leurs bottes et ont plissé légèrement les yeux. Visiblement, ils prenaient l'explication comme une accusation.

- Écoutez. La voisine faisait du bruit, je suis allé l'en avertir. Point à la ligne. C'est pas de l'espionnage, c'est une question de bon voisinage.

Celui qui avait l'air le plus taré des deux a levé une main énorme pour me couper la parole.

- Monsieur, quand cela arrive…

- …il faut appeler la police.

- En attendant, quelqu'un a porté plainte contre vous…

- …on doit intervenir.

Tout cela durait déjà depuis trop longtemps.

- Supposons que la fo.. la femme d'en haut ait raison, qu'allez-vous faire?

- Alors vous reconnaissez l'espionner?

Woooo, le terrain était plus glissant que je ne le pensais.

- Non! Je n'ai espionné personne. J'ai d'autres chats à fouetter que de glisser le regard entre les rideaux de la dame d'en haut.

Les policiers se sont regardés en souriant en coin. Ils s'amusaient de la situation, les bougres.

- En fait, elle nous a plutôt déclaré que vous…

- …écoutiez à votre plafond puis alliez lui répéter...

- …ce que vous aviez entendu.

Pas à dire, elle était douée, la voisine.

- De toutes manières, ont continué les longs bras de la loi,…

- …on voulait seulement vous avertir.

- Vous avez l'air de type bien…

- …nous imaginons que vous allez savoir quoi faire.

Je l'ignorais, en vérité, mais ils pouvaient être certains qu'il y aurait une suite.

- Alors, merci bien messieurs, ai-je dit en leur montrant le chemin vers la porte. Soyez assuré que j'ai bien retenu la leçon.

Sur le pas de la porte, dans un élan de camaraderie auquel je ne pouvais m'attendre, le plus affecté des deux a lancé à la blague:

- En tout cas, on peut comprendre que vous soyez tenté de l'espionner…

Le second de rire en ajoutant:

- …avec son petit déshabillé, plusieurs ne pourraient s'en empêcher!

Et ils sont partis, en se bidonnant tranquillement.

Après avoir recouché la petite, j'ai longuement valsé entre une contre-attaque ou l'abandon d'une guerre qui s'éterniserait à coup sûr.

Mais comme ma fille partait avec sa mère pour les deux prochaines semaines et que ma charge de travail au bureau n'était pas très contraignante, je me suis dit que des plaintes à répétition à la police pour grossière indécence sur mon balcon seraient une bonne idée…

samedi 17 janvier 2009

Entre deux parties de Voisine...

Quelque part entre Louiseville et Montréal. C'est du moins ce qu'indiquait le tableau de bord de mon bolide et ma langue collée sur le bouton de la radio (ne posez pas de question).

D'accord, il paraît qu'il faisait -45C à LaTuque. Mais quand même...

mardi 13 janvier 2009

La Voisine (seconde partie)

Les deux policiers, baraqués comme dans une publicité de gym de quartiers populaires, sont allés sonner chez ma comédienne du dessus. Quelqu'un d'autre avait dû se plaindre du bruit. Je me sentais un peu moins seul.

Quelques minutes plus tard, j'ai entendu les pas bottés des policiers redescendre l'escalier jusqu'à mon palier. Au même moment, la voisine a donné quelques coups de talons à mon plafond. C'est quand j'ai entendu les policiers frapper à ma porte que j'ai compris que ce petit air percussif se voulait moqueur.

En apercevant leur faciès avenant de tueurs de chats, je savais que les bonnes nouvelles étaient pour un autre jour.

- On peut entrer? m'a demandé le plus costaud

Avant même que j'aie eu le temps d'acquiescer à leur demande, ils sont entrés. Leur discrétion toute militaire jusqu'à la cuisine a eu tôt-fait de réveiller la petite à nouveau, cette fois curieuse de toute cette activité inhabituelle.

Lorsque je les ai rejoints, aucun des deux gentils gardiens de la paix publique n'a eu ne serait-ce qu'un regard vers la petite. Il y a eu quelques secondes de silence durant lesquelles je me suis demandé s'il était opportun de leur offrir une bière. Puis un des policiers, celui qui scrutait les diverses factures qui tapissaient mon frigo, s'est tourné vers moi, d'un bloc, comme si tout au nord de sa ceinture était soudé. Même ses yeux semblaient vissés dans leur orbite, ce qui l'obligeait à tourner toute le haut du corps chaque fois qu'il regardait dans une nouvelle direction, un peu à la manière d'un hibou. Il m'a regardé sans gentillesse, avant de briser le silence.

- Vous savez sans doute ce qui nous amène ici.

Il détachait ses syllabes comme une sorte de Terminator de marché aux puces. J'ai préféré opiner de la tête de peur de me mettre à rire si j'ouvrais la bouche. Ma bonne humeur s'est toutefois vite estompée.

- On a reçu une plainte contre vous. La dame d'en haut nous a appelé ce soir…

- …à 20h25…, a précisé le second clown.

Le premier a continué comme si ce tour de prise de parole était normal.

- …pour rapporter que son voisin…

- …vous...

C'était qui, ces drôles?

- …se mêlait de sa vie privée en écoutant au travers sa porte…

- …et en l'espionnant de derrière les rideaux.

Et toc. J'étais stupéfait. Non seulement j'avais à faire avec une voisine folle, mais les deux hurluberlus devant moi semblaient sortir de la même boîte de céréales.

lundi 5 janvier 2009

La Voisine (première partie)

Ça marchait fort en haut. Ça s’engueulait un peu aussi. De plus en plus, en fait. La petite s'est réveillée en pleurant.

- Papa, i'a du b'uit!

Faisait chier. Comment ils faisaient, dans le temps, avec leurs familles de 12 entassés dans des 6 et demi pièces doubles à l'étage? L'insonorisation ne devait pas être mieux qu'aujourd'hui. À moins qu'ils vivaient en noir et blanc, muets comme un film de Chaplin…

Ce n'était pourtant pas dans les habitudes de ces voisins-là. Ceux du dessous, oui, avec leur cuite de chèque mensuel. Celui d'à côté aussi, avec ses moult conquêtes alcoolisées de 3h du matin. Mais du dessus? On ne les voyait ni ne les entendait jamais. Des fantômes.

J'ai consolé la petite, lui ai expliqué que les voisins discutaient, qu'ils se tairaient bientôt. Mais ils me faisaient mentir et ne la fermaient pas. Surtout elle. Et quand les talons, comme les portes, se sont mis à claquer plus fort, je suis monté en me rappelant de surtout garder mon calme, rester poli…

- C'est quoi le problème? m'a servi comme entrée en matière la petite bonne femme d'en haut en ouvrant la porte. 22 ans, au plus 40 kilos, peignoir léger, cheveux en bataille. 10$ sur une engueulade d'après baise. Certains faisaient l'amour après une empoignade, d'autres faisaient le contraire. D'une manière ou l'autre, l'objectif reste habituellement de rééquilibrer les choses.

- C'est que…hum… On vous entend en bas. Ça a… hum… réveillé la petite.

- Il est même pas 20h30!

- C'est que… hum… 20h30, c'est une heure normale de dodo pour une enfant de 2 ans.

- La loi dit que je peux faire du bruit jusqu'à 23h.

- Je… hum… j'voudrais pas faire mon chiant, mais c'est faux: la loi dit que des cris, ça dérange, peu importe l'heure.

- Je criais pas.

- D'accord, vous ne criiez pas. Disons plutôt que... hum... vous traitiez votre copain de «méchant-cave-fini-à-bitte molle» pas mal fort, au point où la petite va me demander ce que ça signifie demain matin. Alors, je voulais juste vous demander de…

- J'ai deux trucs à vous dire, voisin: primo, je n'ai pas de copain; deuxio, je suis seule en ce moment, et tertio, je fais ce que je veux, je suis chez moi.

Bien ma chance. En plus de ne pas savoir compter, ma voisine fantôme se jouait des scènes de théâtre en solo et avait pour devise «vivre et laisse-moi vivre». Après, on se demande pourquoi les banlieues débordent…

- Je voulais seulement vous demander de faire un peu moins de bruit, c'est tout…

- Pas de ma faute si les murs sont en carton.

Sur ce message de paix publique, elle a claqué la porte. Je suis redescendu, dubitatif sur la suite des évènements.

Mais contrairement à ce que je croyais, ma comédienne en répétition n'a plus fait de bruit, du moins jusqu'à ce que je vois une voiture de police se garer devant chez moi, une demi-heure plus tard.

vendredi 2 janvier 2009

Obama dans ma vie de tous les jours...

Yes: Weekend!

Bilan (seconde partie)

Le 400e de Québec:
Fête réussie, contrairement à toutes les prédictions. Mais des Québécois chialent sur le fait que les Montréalais chialent, ce qui est faux: les Montréalais s'en foutent, à l'annonce de quoi des Québécois rechialent.

Sarkozy avoue fréquenter Carla Bruni :
Blanche Neige épouse un des nains.

CBC coupe au montage tous les artistes francophones à un gala télévisé soulignant la création musicale d'ici:
Personne ne s'en offense plus et la population réélit un gouvernement fédéraliste. On est fiers comme ça. Où est le love-in de 1995 de nos amis canadiens anglais?

Culture en péril:
On ignore l'effet véritable qu'aura eu cette vidéo lors des élections fédérales, mais elle aura le mérite d'intéresser bien des gens à la politique, ne serait-ce que quelques minutes.

Un journaliste Irakien lance ses chaussures à la tête du président Bush:
D'aucuns s'attristent qu'il n'ait atteint sa cible.

Les Canadiens de Montréal participent aux séries éliminatoires:
Les fans se déclarent soudains par milliers, arborant des fanions sur leur voiture telle une sorte de cavalerie mécanisée prise dans les embouteillages. Quelques uns profitent des victoires pour tout casser sur la rue Sainte-Catherine. On est fiers, ça se peut pas.

À près de 40 ans, forcés à la rue par de nouveaux proprios désireux d'habiter l'appartement où l'on habite, nous achetons notre première demeure:
Bye bye plateau; bonjour Rosemont. C'est petit, c'est vieux, c'est trop bien.

L'été dernier, Dame V., enceinte depuis quelques mois de jumeaux, les perd:
Aujourd'hui, elle est de nouveau enceinte. Le quatrième côté de la table attend patiemment son invité. Rendez-vous: juin 2009.

mardi 30 décembre 2008

Bilan (première partie)

Temps des Fêtes, temps des souhaits, temps des listes de cadeaux, des soupers, des amis à voir, des résolutions. Temps de clore 2008, de fermer la boucle. Temps des bilans, quoi.

On compte, on cumule, on ressasse. On jauge les succès, on mesure les échecs. Certains des uns sont devenus des autres, et de futurs transfuges ne sont pas impossibles.

Voici quelques items. La liste est incomplète, je l'allongerai plus tard.

Crise économique:

La pire depuis celle de 29. Plusieurs explications possibles:
- Quand une baisse des PROFITS de 20 à 18 milliards par trimestre est une mauvaise nouvelle qui conduit à des mises à pied massives, on se dit que le système a quelque chose de pourri…
- Quand un gars change de voiture aux 2 ans, d'ordi à chaque année et de cellulaire aux six mois, il est difficile de lui demander de consommer plus;
- L'inconvénient avec la formule «Achetez tout de suite, payez dans un an», c'est qu'un jour, on est un an plus tard;
- Facebook.

Montréal perd sa course de Formule 1:
Les (H)uns y perdent une belle occasion de dépenser des milliers de dollars pour voir des voitures tourner en rond, des craques de seins siliconés sur Crescent et des homards crier «Yeah!» «Number one!» et autres rots bruyants en se renversant de la bière dessus. Les autres y gagnent paix, qualité de vie et quelques jours libres pour créer un 347e festival montréalais.

Élection de Barak Obama:
Pour la première fois, plus de Canadiens rêvent d'être Américains que le contraire.

Ré-élection de Stephen Harper:
Pour la seconde fois, plus de Canadiens rêvent d'être Américains que le contraire.

Ré-élection de Jean Charest:
Malgré tout, les Québécois semblent les seuls à vouloir rester (devenir?) Canadiens…

L'ADQ trébuche aux élections:
Personne ne montre le moindre désir de l'aider à se relever.

Dumont démissionne:
Il faudra faire passer la signification du D dans ADQ de Dumont à… euh… démocratique?

Québec solidaire réussit une percée:
La mieux peignée des deux têtes est élue. La gauche québécoise aura maintenant droit à 2 questions par six mois en chambre, mais à une immense et sympathique couverture médiatique. Un tout petit pas pour l'Homme,...

Une coalition fédérale tente de renverser le gouvernement:
Ce qui se fait partout ailleurs depuis belle lurette survient finalement au Canada. Plusieurs crient bravo, plusieurs crient au scandale. On réveille la gouvern(ante) générale en panique: saura-t-elle faire autre chose que des «beu-byes»? Puis arrive la vidéo de Dion…

Stéphane Dion démissionne:
En l'entendant annoncer son départ, tout le monde soupire de soulagement, comme quand un enfant, après neuf mauvaises réponses de suite, donne la bonne à l'énigme: quelle est la couleur du cheval blanc d'Hector?

Sarkozy laisse tomber les Québécois:
Ce n'est pas la première fois que les Français laissent tomber les indépendantistes québécois. Heureusement, cette fois, les Québécois ne tombent pas de haut. Pour se venger, ils songent à surfinancer la formation de nouveaux chanteurs à voix que le Québec continuera à envoyer en France…

Le prix du pétrole connaît une hausse spectaculaire:
Les gens pensent à vendre leur VUS essaient l'autobus, tâtent le covoiturage... On vire au vert, il y a de l'espoir…

Le prix du pétrole connaît une baisse spectaculaire:
Les gens gardent leur VUS et remettent l'avenir de la planète à plus tard (sans réfléchir si plus tard il y aura).

Jeux olympiques de Pékin:
Tout le monde est tenté par un boycott de ces jeux offerts par une nation qui ignore souvent les droits de l'Homme, torture ses prisonniers, use de la peine de mort, envahit sauvagement des pays, mésinforme sa population pour mieux la manipuler et sous-paye sa classe ouvrière. Puis on se dit que finalement, ce pays ressemble drôlement aux États-Unis, mais en plus joli.

vendredi 26 décembre 2008

Attention, je vous écoute...

«Elles font tellement de bruit que tu peux les entendre à l'oeil nu.»
Dame V.

dimanche 21 décembre 2008

Père... Noël

Quand arrivent les jours sombres, on se dit qu'on ne nous y reprendra plus.

Aujourd'hui, 16 semaines sont maintenant complétées. Alors je laisse ma fille vous l'annoncer:

«Moi, je vais avoir une soeur (prononcé "saâeuw"), mais le monsieur (i.e. l'obstétricien) dit que c'est un frère (prononcé "frââèr")...»

Rendez-vous: début juin 2009.

mardi 16 décembre 2008

Un Irakien dans le besoin

Ces derniers jours, tout le monde médiatique n'en a que pour Montazer al-Zaïdi, le journaliste irakien qui lança ses chaussures à la tête de Bush dimanche dernier, à Bagdad.

J'aurais personnellement espéré que le tout se déroule par chez nous: une paire de raquettes est plus difficile à esquiver...

Mais là n'est pas mon propos.

Quand on regarde la vidéo, quelques secondes avant que les chaussures ne volent bas (il va pleuvoir), on voit le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, faire quelque chose...
Regardez bien à 4 secondes au début de la vidéo.



C'est moi, ou bien il «secoue» Bush?

jeudi 11 décembre 2008

Attention, je vous écoute...

Parlons politique avec Simon-Pierre Diamond de l'ADQ, en entrevue à l'émission Christiane Charette du 14 novembre 2008.


Le jargon...

«(...) t'arrives sur le marché du travail, il faut que tu achètes un véhicule, il faut que tu achètes a peu près tout ce que tu existes, (...)»
(Ce que j'existe coûte si cher! J'ai hâte au boxing day...)

«(...) un système d'éducation qui tombe en délabres(...)»
(Système dont il est issu, sans doute.)


... et une vision (ce n'est pas une faute, mais juste une citation combien agréable à écouter et réécouter...)

«On est 41 élus... maintenant 39 (...) et c'est très difficile de déloger un député élu.»
(.!.)

dimanche 7 décembre 2008

Mstislav - Dernière partie

Il entreprit alors de m'expliquer sa théorie sur ce qui sépare la femme munie d'une sableuse d'un plancher aux qualités de fesses de nouveau-né.

- Le plaisir de les femmes, c'est changer ce qu'elles ont. Elles ont formidable visage? Elles maquiller. Elles ont maison? Elles changer couleurs les mours. Les femmes aimer changer les choses. C'est pour ça que dans l'amour, les femmes préférer les… comment dire… мошенник…

Je devinai où il voulait en venir et je traduis sa pensée.
- Voyou? Brute? Bandit?

- Ha! Ha! Tout cela, da! Les femmes aimer voyous parce qu'elles aimer pouvoir changer voyou. Plous elles ont choses à changer, plous elles sont heureuses. Mais jour venir où les femmes obliger d'affronter vérité: мошенник rester мошенник, malgré cravate et rasoir avec cinq lames.

Je trouvais amusante sa petite réflexion, mais je voyais mal en quoi elle s'appliquait aux planchers. Mstislav comprit qu'il devait aller plus loin dans ses explications.

- Écoute, Dâniel. Pour sabler plancher, il faut aimer plancher. Moi, j'aime les femmes, la vodka, et les planchers. Je pouvoir connaître les gens en regarder son plancher. Personne pouvoir sabler plancher si pas amoureux de plancher. Travail trop dour et trop ennouyant sinon. Mais il y a plancher qu'on pouvoir pas sabler: trop cire, trop colle, trop clou, trop n'importe quoi. Et il faut savoir dire: ce plancher pas pour moi. Si femmes sabler plancher, elles sabler n'importe quel plancher, sourtout les planchers n'importe quoi.

Mstislav s'arrêta brusquement sur cette parole et se renfrogna d'un coup, perdant en une seconde tout l'entrain qu'il semblait avoir retrouvé. Il regarda la surface de la cuisine, à moitié claire, à moitié noire.

- Je… J'avoir mal jougé le plancher. Il n'êtrait pas pour moi. Comme femme, je penser être capable de changer son natoure. Mais natoure être profond. Trop difficile. Je briser mon dos, je briser ma machine, je briser mon moral.

Une main sur sa ceinture, Mstislav se frotta longuement les arcades sourcilières avec le pouce et l'index. Il semblait être en proie à un terrible dilemme intérieur qui dura quelques secondes. Puis, il lança, sans me regarder:

- Mais je ne pouvoir briser mon répoutation.

Sans gêne, il sortit sa flasque de vodka, la but d'un trait et expira un long haaa! comme s'il se libérait d'un formidable boulet. En remettant la flasque dans sa poche, il dit en souriant:

- Toi savoir que femmes coûter cher…

Le grand Russe me fit signe de la main de m'écarter. Et au moment de remettre en marche la sableuse, Mstislav ajouta tout bas:

- Il y va avoir soupplément.

jeudi 4 décembre 2008

Déménagement Alain Tremblay - [ajout 2011: Maintenant Déménagement Diplomate, Déménagement Diplomate, Déménagement Diplomate]

Désolé pour cette longue pause, nous sommes déménagés cette fin de semaine.

[ajout - 1 an et demi plus tard] Déménagement Alain Tremblay - Déménagement Alain Tremblay - Déménagement Alain Tremblay

[ajout - janvier 2011] Depuis 2010, ils ont changé de nom pour Déménagement Diplomate - Déménagement Diplomate - Déménagement Diplomate. Nouveau nom, mêmes plaintes... 

[ajout - mars 2012] On me souffle à l'oreille que Déménagement Diplomate ait changé de propriétaire en janvier dernier. Les nouveaux propriétaires semblent bien au courant des énormes dommages que l'ancienne compagnie a causés à ses clients et prétendent offrir un meilleur service (ce qui n'est pas difficile). J'espère que c'est le cas! Si vous avez fait affaire avec la nouvelle version de Déménagement Diplomate (soit depuis la mi-janvier 2012), n'hésitez pas à commenter ci-dessous, que votre expérience soit heureuse ou malheureuse. 

(j'utilise ici un truc (la répétition des mots-clés) pour que les recherches Google aboutissent sur cette page...) À lire les expériences similaires (voire pires!!) dans les commentaires suite à ce billet (et ici, sur MonAvis.ca), je juge important que le public sache à qui il aura à faire s'il appelle Déménagement Alain Tremblay.

Samedi dernier, les déménageurs que nous avions réservés depuis plus d'un mois se pointent chez-nous à l'heure prévue. Jusque là, tout baigne. Mais devant la quantité astronomique de boîtes (je suis un glaneur à la limite du supportable, je sais...), ils décident de revenir quelques heures plus tard avec un plus gros camion. Et ils partent...
Pour ne jamais revenir!!!!

On appelle la compagnie à moult reprises: chaque fois, on nous jure qu'une équipe sera chez-nous dans 30, voire 45 minutes.

5 heures plus tard, on attendait toujours et comme on est à la fin du mois, aucune autre compagnie de déménagement ne peut venir à notre secours...

18h55, on rappelle (pour la 4e fois) Déménagement Alain Tremblay. Devant notre désarroi, l'homme au bout du fil nous promet de faire enquête et de nous rappeler dix minutes plus tard. Comme le téléphone n'avait toujours pas sonné à 19h10, je rappelle et tombe sur une nouvelle voix qui me dit qu'elle vient de commencer son quart travail et que son collègue, à qui j'avais parlé, a fini le sien à 19h...

Si on avait de sérieux doutes avant, maintenant on en est certains: on a à faire avec des trous du...

On appelle partout pour un camion et quelques paires de bras, mais nous sommes à la dernière minute et le seul moment de libre pour bouger nos boîtes est trois jours plus tard.

Jusqu'à ce qu'on tombe sur nos sauveurs qui sont venus le lendemain matin... Avec un camion qu'aurait pu conduire mon amie Sandra.

Tout s'est finalement rendu à bon port.

Il nous reste donc à tout décartonner. Mais je ressens un peu de lassitude là...

***

Appelez Déménagement Alain Tremblay si vous aimez l'aventure et faire rire de vous.

[ajout] LISEZ les expériences de clients lésés, dupés, volés par ces voyous. Et ça, ce n'est que ceux qui prennent la peine de le dire, et ce blogue n'est pas hyper populaire... Ça vous laisse une idée du nombre de personnes volés (le mot n'est pas trop fort) par ces «déménageurs». N'hésitez pas à appeler la police s'ils vous menacent et surtout, portez plainte à l'Office de protection du consommateur.

Nos sauveurs, diligents, professionnels et sympathiques : Transport Matton.

vendredi 28 novembre 2008

Mstislav - Troisième partie (de... quatre, tiens!)

J'aurais parié qu'en m'apercevant, Mstislav se serait ressaisi maladroitement et aurait rougi de malaise. Mais le grand Slave se rua plutôt dans mes bras pour se faire consoler. À cause de sa carrure et à cause de ma surprise, je pouvais à peine lui donner de petites tapes empathiques dans le dos. Sa musculature n'avait d'égal que ma surprise. Entre deux sanglots, Mstislav me dit:

- Je souis désolé, Dâniel…
- …
- …
- Désolé de quoi, Mstislav?
- Je ne pouvoir pas… finir… sabler plancher!

Puis Mstislav hoqueta de nouveaux pleurs puis se calma.

- Je fais plancher depouis 20 ans. C'est première fois que je fais comme oune femme.

Je ne pus retenir un haussement de sourcils empreint de surprise.

- Que veux-tou... veux-tu dire?

Il resta silencieux, la tête sur mon épaule. Je tentai de l'obliger à se redresser en repoussant ses épaules mais j'étais forcé d'admettre que j'étais sous sa masse, à sa merci. Heureusement qu'il comprit mon malaise et qu'il se releva.

Mstislav sembla revigoré par ma question et quelques secondes plus tard, il eut été impossible de deviner que cet homme pleurait à chaudes larmes sur sa machine quelques minutes plus tôt.

- Vous avez déjà vou oune femme sabler plancher, Dâniel?

Je regardai mon plancher de cuisine et dus admettre que c'était le premier que je faisais sabler. Il m'était donc impossible de savoir si des femmes avaient pour gagne-pain le métier poussiéreux qu'exerçait mon géant pleurnichard.

- En effet, je n'ai jamais vu de femme sabler de plancher. Peut-être est-ce parce que le travail est physiquement trop exigeant pour elles?

Mstislav parut me trouver très drôle et il se montra heureux de mon ignorance.

- Chez-moi, ma femme battre moi si je dis âneries comme ça, dit-il, moqueur.

J'essayai d'imaginer sa femme et honnêtement, j 'eus un frisson.

samedi 22 novembre 2008

Mstislav - Seconde partie (de trois)

Mstislav revint 10 minutes plus tard avec une énergie nouvelle. Sans dire un mot, il reprit son poste derrière l'engin. Au moment où il mit le contact, je crus constater un éclat nouveau dans ses yeux et il me sembla que sa rosacée avait légèrement augmenté. J'attribuai cela à la probable rasade de vodka qu'il avait dû se glisser dans le gosier pendant sa pause puis j'allai vaquer à d'autres occupations pendant qu'il entreprenait la seconde moitié du plancher de cuisine.

Comme pour la première moitié, son travail fut entrecoupé de moult pauses où le Russe parlait au parquet de plus en plus fort. Au quatrième arrêt, Mstislav se mit à vociférer si fort que je n'osai sortir du salon de peur de ne pas y revenir vivant.

- Что вы, дорогой любви, я зайду ромашки песни птиц! Мы будем делать детей в поле цветы цвет ваших глаз!
(Étant donné que ce blogue se veut de bon goût - et qu'accessoirement, je ne comprends rien du russe - je n'ai pas transcrit fidèlement les propos entendus…)

Mstislav continua à engueuler ce que je supposai être le plancher pendant trois minutes avant de tranquillement s'essouffler et de repartir la sableuse. Mais la machine se tut quelque secondes plus tard et laissa place à un lourd silence. Ce silence dura longtemps, si longtemps que je crus nécessaire d'aller voir à la cuisine ce qui s'y passait.

Quelle ne fut pas ma surprise de trouver le géant slave le front appuyé sur ses avant-bras, pleurant silencieusement de grosses larmes qui lui dessinaient des coulées propres sur ses joues couvertes de poussière. Je restai paralysé, muet, à quelques mètres d'un homme empreint d'une incroyable peine, trop loin pour le consoler mais trop près pour faire semblant de n'avoir rien vu.

mardi 18 novembre 2008

Mstislav - Première partie

Avant d'ouvrir la porte, je regardai ma montre: 9h pile. L'homme faisait honneur à sa réputation de ponctualité parfaite. Je reconnus tout de suite l'accent slave avec lequel j'avais pris rendez-vous quelques jours auparavant.

- Bonnjhour, Dâniel. Je souis Mstislav. Je souis ici pour plancher de couisine.

Ma main droite se perdit alors dans une immense paluche qui, en d'autres temps, aurait pu étrangler trois Kazakhs d'une seule poigne, puis, je me collai au mur pour laisser passer cette masse de muscles slaves qui traînait derrière elle une sableuse à plancher de près de 200 kilos comme si c'était un sac de golf.

Une fois dans la cuisine, l'homme s'agenouilla, flatta les lattes noircies par des années de prélart, puis renifla le plancher dans une position rappelant la prière musulmane. Je souris discrètement devant l'amusant manège. Mstislav resta dans cette position étrange suffisamment longtemps pour que j'en ressente un léger malaise. Au moment où je me décidais de partir dans une autre pièce pour laisser le Russe à sa méditation, il lança d'une voix forte mais posée:

- Chêne. 80 ans. Prélart depouis 50 ans. Peu colle. Beaucoup cire. Plous de travail. Au moins oune heure avant couche.

Il inspira puis laissa tomber, comme si c'était dans l'ordre normal des choses:

- Il y va avoir soupplément.

J'étais incapable de saisir si c'était une blague, une menace, une promesse ou un simple constat. Sans attendre une réponse de ma part, il posa un masque sur son visage, brancha la bête chromée qu'il avait rentrée avec lui, se sangla à elle, l'enligna avec les lattes, et fit basculer l'interrupteur. Le bruit et la poussière me chassèrent et je lassai le colosse à son ouvrage.

Depuis le salon, j'entendais la sableuse arrêter et repartir à intervalles réguliers. Pendant chaque silence, j'entendais l'homme parler doucement en russe, comme s'il dialoguait avec le plancher. Soudainement, il cria:

-Dâniel!

Je sortis de mon refuge. Dans un nuage de poussière de bois, l'homme était appuyé sur son engin maintenant recouvert d'une poudre beige.

- Je vais aller boire, dit Mstislav en toussotant. Pour poussière, précisa-t-il. Je revenir vite et poursouivre travail. Puis il sortit par la porte arrière.

Un peu moins de la moitié du plancher avait été sablée et sa nouvelle allure me confirmait que j'avais fait le bon choix, mais les 90 minutes qu'avait exigées le sablage de la première moitié de la surface n'annonçait rien de bon quant à la somme au bas de la facture que me tendrait bientôt le Russe.

samedi 15 novembre 2008

...

Désolé pour les longues pauses entre les billets. Entre les journées de boulot, je prépare notre nouveau chez-nous. Eh oui: deuxième déménagement en moins de 12 mois. La joie. Ce devrait être le dernier pour quelque temps, par contre.

D'ici le déménagement, il reste une tonne de trucs à faire, ne serait-ce que pour avoir un évier de cuisine. Je sais, vous allez dire que je suis délicat et j'ai un besoin formidable de luxe, mais j'ai jugé qu'un évier de cuisine serait bien. Un bout de comptoir aussi. Une vraie castafiore, je suis.

Il reste aussi de la peinture à étendre sur les murs, ce qui serait pas mal facile si ce n'était de ces foutues moulures partout. Des kilomètres de découpage.

Et je ne vous parle pas de la plomberie bouchée, du toit usé, du plancher à dénuder, à sabler et à vernir... En moins de deux semaines, la pizzeria reconnaît ma voix au téléphone, le resto du coin sait combien de crème dans mon café (noir!) et le quincailler est devenu mon confident. Même le gars qui a fait mon plancher est devenu mon ami Facebook, c'est dire...

Alors ceci: vous patientez un brin jusqu'à ce que je me sois installé, ou vous venez m'aider et vous patientez pareil jusqu'à ce que je sois installé.

C'est votre choix.

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Je ne vous oblige à rien.


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Il me reste 2 pinceaux...



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J'disais ça d'même...

mardi 4 novembre 2008

En cette première journée de l'été des Indiens (pas l'été indien, M.Dassin, l'été DES Indiens), comment trouver la vie moche?

Dans mon nouveau quartier, tout est plus lent qu'à l'endroit où je vivais (où je vis encore pour quelques jours) avant: les gens y marchent lentement, les ouvrier font la pause sur le trottoir, même le temps se prend.

À un jet de pierre de mon nouveau chez moi, il y a un petit resto de rien. Une porte, une grande fenêtre, une enseigne peinte à la main. Même pas sur une rue commerciale. Je m'y assois pour un deux-œufs-tournés de fin d'avant-midi. La serveuse appelle la cuisinière en lui criant maman et elle connaît le prénom des deux petits vieux assis au comptoir. Sur un tableau au mur, le menu du jour: une soupe aux légumes ou bœuf et orge, du pâté chinois ou des bâtonnets de poisson, et du pouding chômeur ou du pouding au riz. Dans le frigo, entre le Pepsi et le 7up, un gâteau on ne peut plus maison avec un glaçage blanc décoré de petits bonbons de toutes les couleurs comme ceux utilisés par notre mère à notre quatrième anniversaire. Un troisième vieux entre, salue les deux premiers et déroule son Journal de Montréal d'hier. Il commande du foie avec des oignons.

Je suis tout près, je pourrais presque le voir si je me dressais sur la pointe des pieds, et pourtant, je suis à des années-lumière du plateau.

Quelque part, sur Bellechasse, le temps se prend.

Vous n'avez pas idée à quel point je suis heureux.

dimanche 2 novembre 2008

Allons voir les bêtes

Picture this… (petit clin d'œil à Sophia, des Golden Girls, dont les vieilles croûtes comme moi se souviennent peut-être…)

Montréal
Automne 2008

Une boite de papier mouchoirs, un appareil photo, quelques paires de mitaines grandeur 3 ans, un petit autobus jaune.

Mission: Accompagner un groupe de 8 enfants de la garderie à l'Écomuseum de Sainte-Anne-de-Bellevue, petit zoo de faune locale fort sympathique.

Niveau de difficulté: doigts dans le nez, d'autant plus qu'on est 4 adultes pour 8 enfants. Mais le doigt dans le nez deviendra doigt dans l'œil…

Je serai en charge de ma fille et de Mohamed, le petit préféré à Romi. Tout va pour le mieux, il fait beau, il fait à peine frais, ça morve un peu, mais juste un peu.

Le voyage en autobus polaire (scolaire, Romi, sco-laire) se passe à merveille. Personne ne s'impatiente, personne n'est malade (sauf une petite d'un autre groupe, mais j'ignore en plaignant un peu son accompagnatrice) et je prie pour que ça reste ainsi.

Arrivés à destination, c'est la ruée vers la porte. Allez, vivement les loups, les ours, les renards, les lynx, les harfangs, la vie quoi, celle qui est à notre porte et que l'on ne voit jamais sauf couchée sur le flanc sur le bas-côté des routes.

Les portes s'ouvrent et ma fille crie de joie et entre les «C'est mon papa À MOI!» et les «Il est où le lion?», notre petit trio s'élance entre les enclos. Le gentil groupuscule va à la rencontre d'animaux tout droit sortis de leurs livres d'images. Bien sûr, les enfants crient un peu trop fort, mais ça respire le bonheur.

Bien sûr, le charme des harfangs, des pécans et des caribous, aussi musqué soit-il, s'épuise vite, et un se lance en criant dans les grilles alors qu'un autre part en courant dans la mauvaise direction. Puis un autre lambine alors que son compagnon en profite pour tester le goût du fil électrifié (heureusement - ou malheureusement - hors d'usage) autour d'un enclos. Les parents sont partout en nulle part, jusqu'au moment où un enfant lance ses mitaines dans l'enclos aux loups, ce qui ramènera tous les enfants jusque-là dispersés au même endroit à faire la même chose: lancer leurs mitaines là où les parents n'ont n'a jamais posé les pieds…

À 13h, moi et les autres parents étions de retour à la garderie pour y laisser les enfants le temps de la sieste. Et c'est avec une vaste admiration pour l'éducatrice que nous lui avons abandonné les 8 marmots.

***

Pour être bien franc, ç'aurait pu être une opération marketing pour demander une augmentation de salaire pour les éducatrices.

Elles m'auraient convaincu.

mercredi 22 octobre 2008

Superpapa!

Je partage ici un petit montage que j'ai reçu de mes amis Catherine et Alex.

Les deux premières cases appartiennent à Mon Petit Nombril (blogue fort sympathique). La dernière, en couleur, c'est vraiment moi, comme dans la vraie vie, pareil pareil, cape de rêves, muscles saillants, bassin dévastateur, et j'en passe (et des meilleurs).

Mais je dois vous quitter, le devoir m'appelle (et le collant m'irrite).

mardi 21 octobre 2008

Docte heure

Voilà des jours, que dis-je, des semaines que vous n'oeillez point de mes mots. Eh bien, sachez que je ne me cure pas les narines pour autant. C'est qu'ici, voyez-vous, des femmes se meurent.

C'est le festival de l'ite: l'amygdalite mythique pousse la laryngite dramatique qui précède l'otite de la petite, ce qui entraîne une succession de raclements, de toussotements, d'éternuements et de sommeils manquants. Malgré les médocs et les soins, rien de tout cela ne semble vouloir partir. Au microscope, ces petits indésirables doivent avoir la tête de Stéphane Dion.

Au milieu de la morve gluante, des larmes, de la sueur, de la bave et du pue guttural, survit, tant bien que mal, un homme. Moi. Docteur papa! Superpapaman! Capitaine Bactéria! Le Batman du taxi qui, entre clinique et hosto, ne dort que d'une oreille, guettant le moindre étouffement pour se lever en trombe et étendre la pommade, essuyer la goutte, ramasser l'apitchoum, rassurer les cauchemardées et administrer les antibiotiques sucrés. Et parfois, je l'avoue, je crois sincèrement que Dieu se trouve dans une bouteille d'Advil pour enfants. Dans la bouteille pour adultes aussi, mais elle est plus difficile à ouvrir à la noirceur, avec les flèches à enligner et tout et tout.

Au bureau, on m'offre le remède de grand-mère chose et de grand-tante truc, mais je ne me résous pas à l'oignon dans les bas ou à la vapeur de citron cloué de girofle. Alors j'endure.

Chaque jour, je vois les traits s'allonger, les cernes se creuser, l'irritation nerveuse me gagner, et je me demande comment font ceux qui ont la progéniture nombreuse, je me demande pourquoi devient-on volontairement infirmière, mère Térésa ou soigneur du Canadiens.

Mais un jour, ce sera mon tour. Je tomberai malade, je le jure. Ce jour-là, je gémirai (j'adore geindre et gémir quand je suis malade), et on me frictionnera à quatre mains, comme il se doit.

Et je suis sûr qu'il s'en trouvera une pour dire que les hommes sont don' moumounes…