jeudi 30 mars 2006
Il faut savoir dire nom...
Romane Rondeau, est-ce redondant ou ronronnant?
Alors, on s’interroge, on suppose, on imagine…
Élisabeth? Trop royal;
Danaée? Trop proche de Daniel;
Frédérique va devenir Fred (Caillou);
Géraldine me rappelle la vache du voisin;
Lili est un surnom sans nom;
Léa est trop populaire;
Amélie est un nom d’ex;
Alice est une mode d’il y a quelques années;
Rogère fait trop testostéroné;
Jérémie, on hésite…
Bernadette, elle est très chouette
Noémie est très jolie
Moins que Zoé, mais plus que Nathalie
Marie-Louise, elle est exquise
Marie-Thérèse, elle est obèse
Marie-Berthe, elle est experte
Léontine fait la cuisine
Monsieur Gaston s'occupe du téléphon...
Alors on demande, on écoute, on fait semblant d’être cools avec cette valse des prénoms, mais la date butoir approche… Autour naissent des Olivia, des Béatrice et des Ariane alors qu’ici se prépare un bébé sans nom, ma fille à moi, mon lézard... Et mes amis me proposent des Gigota, des Echymire et d’autres niaiseries de taverne.
Alors... Romane or what?
Au secours!
dimanche 26 mars 2006
Bla bla bla...
Maintenant que je suis adulte, je me pose toujours les mêmes questions.
jeudi 23 mars 2006
Attention, je vous écoute...
Daniel Gosselin
mardi 21 mars 2006
Toute une vie entre 9 et 2
Une date, un tiret, quatre petits espaces. Des espaces qui attendent un verdict inévitable. Quatre espaces qui s’arrêtent de tourner tranquillement, un à un, comme les roues d’une vidéo poker. Sauf qu’à la place des citrons, des cerises et des bars, il y a des chiffres… 2 0 _ _. Jamais espaces m’ont paru si angoissants. Quelque part, dans la mémoire d’un ordinateur, le vide sur lequel s’étend mon avenir rétrécit.
Une fois les quatre espaces remplis, mon année arrivée, le pire restera le tiret. À lui seul, il résumera toute ma vie.
lundi 13 mars 2006
Guide de la femme enceinte (ou ce que les livres ne disent pas)
2- La photo de femmes enceintes épanouies, heureuses et bien dans leur peau que l’on voit dans les guides est représentative d’une réalité qui dure quelques jours par mois, lors des troisième et quatrième mois. Les femmes enceintes de neuf mois pleines de bonheur que l’on voit dans la littérature ne sont pas vraiment enceintes et/ou sont grassement payées pour sourire en regardant le ciel (elles sont les conjointes de ces hommes en caleçons pointant l’horizon dans les catalogues);
3- Vous connaissez ce clown-jouet gonflé qui revient toujours debout peu importe ce qu’on lui fait? La femme enceinte en est le contraire absolu : elle tient difficilement debout et revient toujours couchée, sauf lors des quelques jours des mois cités précédemment;
4- La femme enceinte comprend pourquoi les obèses aveugles n’ont pas de coupe brésilienne;
5- Mesdames, votre homme vous aime et vous trouve attirante même si vous êtes enceintes. C'est l'idée d'être épié par le trou de la serrure qui ne l'enchante guère.
vendredi 10 mars 2006
Vie de Malaises
Quand on s’arrête pour lui parler un peu, Robert parle des sous noirs 1967, ceux avec un goéland dessus. Vieille fixation. Il doit en avoir pour 10$ dans sa poche de pantalon. Puis, il avoue candidement rêver de voler jusqu’en Malaisie, où il y a du soleil et des filles à marier. Il est vrai que côté Malaises, il doit s’y connaître. Il me jure que depuis trois ans, il se colle de l’argent pour partir, qu’un jour il ne quêtera plus, ni trente sous ni chaleur, et qu’il vendra des hot dogs à des touristes bedonnants. Mais à voir les trous dans ses bras, j’ai une petite idée de son agent de voyages.
Robert n’est plus à son poste depuis près d’un mois maintenant. Je me doute bien qu’il n’est pas à Brunéi. Mais depuis, je garde tous les sous de 1967, au cas où il reviendrait. Devant l’épicerie, une fille tient sa place au chaud, une jeune femme au regard bridé, avec des cheveux cotonnés et un tatou sur la joue. Un goéland.
mercredi 8 mars 2006
Attention, je vous écoute...
Véronique Boily
lundi 6 mars 2006
Attention, je vous écoute...
Guillaume Vigneault
samedi 4 mars 2006
Si Proches, si loin...
Que faites-vous?
Eh bien, jeudi soir, j’ai eu à me poser une telle question.
J’étais invité (mais j’ai payé mon billet) à une soirée d’opérette dans une école secondaire (anglophone) de l’ouest de l’île (anglophone). Une représentation du Lakeshore Light Opera, troupe (anglophone) qui fête ses 51 ans d’existence cette année. (Vous ai-je dit que c’était anglo? Sinon, je précise, au cas où ça vous aurait échappé.) Je m’assois parmi des spectateurs qui parlent en grande majorité un anglais du milieu du siècle dernier et qui portent les cheveux bleus, quand il leur en reste. Je suis, je le sens, dans cette arrière-cour libérale qui serait prête à voter pour une chèvre si on la peignait rouge. J’observe avec intérêt ces descendants nostalgiques de l’empire britannique et je suis sûr que je viens de rencontrer ceux qui ont posé au mur ce cadre de la reine d’Angleterre toujours présent à la bibliothèque du cégep où je travaille (vrai de vrai, vous pouvez vérifier). Parmi ces vieux, quelques jeunes début vingtaine venus voir copines et copains pousser un petit air d’opéra léger. Je m'enfonce dans mon siège et essayant de me convaincre que je passerai une belle soirée, mais j'arrive vite à court d'arguments. Au moment où les lumières de la salle se tamisent, l’orchestre dans la fosse joue trois notes lentes et graves : pom - pooom – poooommm… La salle se lève, monobloc! Jeunes et vieux! Comme à la messe! Puis, tout le monde entame, la main sur le coeur… le Ô Canada (English version)!
Que fais-je?
Je ne sais pas s’ils ont trouvé bien insultant que je reste assis.
jeudi 2 mars 2006
Harlequonse Daudet
Une femme s’emmerde et se laisse séduire par un bellâtre sauvage et sans attaches. Attirée par l’aventure, elle quitte tout pour lui, puis se rend compte qu’il est un beau salaud qui ne pense qu’à la dévorer. Lors d’une nuit sans lune où elle pense mourir, la belle crie à l’aide. Arrive alors pour la sauver un agriculteur sans envergure mais dotée d'une grande âme qui aime cette fragile femelle depuis sa plus tendre enfance et qui la suivait de loin depuis des jours. Ils feront l’amour à la ferme dès leur retour.
Finalement, les Harlequin, ce ne sont que des réécritures de la Chèvre de monsieur Séguin.
mardi 28 février 2006
C'est kétaine, Joe Dassin...
C’était dimanche dernier.
Il y avait un monde fou. Parents, cousins, amis. Certains dont la présence était des plus surprenantes car je savais bien qu’ils auraient préféré se faire arracher une dent à froid plutôt que d’aller à un shower (brrr!) de bébé. Pourtant ils y étaient, preuve immense et indéfectible de l’amitié, de l’amour qu’ils nous portent.
Dame V. et moi avions des airs d’enfant unique dans une trop grande et trop vieille famille; inondés de cadeaux. De l’argent aux bas (petits au point de croire impossible que des pieds humains puissent y rentrer), en passant par la doudou tricotée par grand-maman, les vêtements faits maison, le bain-pot-de-fleur pour nouveau-né et le chèque en blanc donnant droit à du gardiennage illimité et un repas préparé à la maison…
Toute la journée, on a été soufflés par cette preuve de solidarité familiale et amicale, les tapes sur l’épaule qui signifient que quelqu’un est là pour nous, que, surtout, quelqu’un sera là. On n’a pas su comment remercier tout le monde tant on était étourdis. L’heure était au discours, pourtant. Je me reprendrai dans l’intimité. Brièvement, je tiens tout de même à remercier ici Barbara et Marc-André, les organisateurs en chef, Jospeh pour avoir insisté (et être venu après une nuit blanche!), tous les autres pour votre temps, et votre présence.
Finalement, un shower, c’est comme du Joe Dassin : c’est peut-être kétaine, mais si on danse avec des amis, c’est rafraîchissant et rassurant sur la nature humaine!
vendredi 24 février 2006
Jésus l'a dit...
jeudi 23 février 2006
La Magie de la vie au SS-054
Jocelyne nous y attend. Elle à la blouse blanche, le sourire avenant et la voix trop douce de ces personnes qui désirent le bien et la paix dans le monde. C’est elle qui donnera les cours prénataux - natals. Juste avant qu’elle commence, je jette un coup d’œil à la faune qui m’entoure : une dizaine de bedons ronds, une dizaine de futurs papas, certains aux allures sympathiques, d’autres que je classe peut-être à tort dans la case des «à éviter», mais tous ont l’air vieux. Je ne m’identifie pas à eux. Lui a les cheveux gris, l’autre à côté les a perdus, et les deux ou trois qui suivent de trop près la mode passent aussi inaperçus que Normand L’Amour au Foufs, alors que moi… euh… bon ok, je suis des leurs. Pendant ce temps, le club des petites-vessies profite des minutes qui restent pour faire la queue devant le SS-048…
Hier soir, j’ai regardé des femmes accoucher sur vidéo, j’ai vu un bébé en tissu passer tête première dans un bassin en plastique, j’ai admiré un col d’utérus tricoté de laine rouge se dilater, j’ai contemplé un bébé in utero de 40 semaines dessiné «à l’échelle, mais la tête est trop grosse [sic]». On est là, 20 personnes que rien ne rapproche sinon le chamboulement d’une vie, à discuter de magie dans un local en ciment, sans nom, sans fenêtre, sans musique. Pour tout dire, je n’y ai pas appris grand-chose, sinon cette impression qu’accoucher, malgré tout, reste un événement normal, la même chose depuis toujours, et que pour chaque être que j’ai croisé, que je croise et que je croiserai, il y a une mère, un père qui a vécu ce que Dame V. et moi vivons.
J’en veux un peu à la vie d’avoir fait si ordinaire tout cet extraordinaire.
mardi 21 février 2006
Accent grave
Carlos ne veut jamais retourner au El Salvador; «Cé payss né mérite pas mes souliers». Peu avant de venir vivre ici, des factions anti-communistes soutenues par les Américains ont tué son père, ses oncles, sa grand-mère. «Ils ont découpé ma grande-mère et ils ont laissé les morceaux sour lé bord dé la route.» Puis entre deux gorgées, presque pour lui-même, il ajoute : «On né fait pas ça a son peouple.»
Malgré les cheveux noir jais, malgré le teint ensoleillé à l’année, Carlos n’est plus salvadorien. Il vit au Québec, jalousement, entièrement. Mais quand il parle, tout le monde entend sa grand-mère et son père.
Il y a des accents plus graves que d’autres.
lundi 20 février 2006
Attention, je vous écoute... Spécial poker!
Jean-François Domingue
**
«Après une main peu payante, Guillaume Vigneault lance:
- C'est plate, j'ai pas pu traire personne...
Diane Lebel lui répond:
- Il faut une grosse paire pour être tru.
Pendant qu'on se bidonne, Guillaume explique l'erreur de Diane:
- C'est logique; traire, c'est comme le verbe craire: j'vais te craire, j't'ai cru.»
samedi 18 février 2006
Paroles par temps gris
épars
Parure ne tenant que paragraphes
que pardon
Parvenu
par dépit
par dessous comme pardessus
quand partout
parapluie
paravent
parapente descendante
Je finirai par erreur
partout faire
Parfaire l’imparfait
Je finirai par terre
par me taire
par me faire à l’idée
par me faire élider
pareil
Je finirai
pariez paria
Parabellum
pour parachèvement.
mercredi 15 février 2006
L'Orgueil plus fort, plus haut, plus loin
À la télé, Germain Larivière en profite pour transformer ses matelas en bobsleigh, Macdonald transforme ses boulettes en médailles d’or pour enfants, Radio-Canada transforme la victoire d’un athlète en fierté nationale, le il en nous. Il fait bon de crier Canada, ça couvre le pleurnichement ambiant.
Il y a 400 ans, les indigènes échangeaient aux colons des tonnes de peaux pour un bout de miroir, pour se voir, pour se contempler. Il nous faut admettre que la transaction a bien peu évoluée, et que l'indigène n'est pas toujours celui qu'on pense.
Les olympiques, c’est cinq anneaux dénués du sens originel, qu’on porte pour décorer notre nombril.
dimanche 12 février 2006
Attention, je vous écoute...
(court silence - pensif et contemplatif)
Il faudrait que je tue quelqu’un pour équilibrer les choses.»
Ghyslain Lebel
vendredi 10 février 2006
Avoir du toupet
jeudi 9 février 2006
Tout seul sur les pubs
Puis on s’est revus lors d’un souper. On s’est alors promis une bière en duo, comme dans le temps. Lundi, 18h, petit Medley. C’est là où je suis.
Il est 18h5 (ça s’écrit con, 18h5, mais il semble que ce soit la bonne façon de faire… Mais ça l’air si con que je passerai tout de suite à 18h10). Il est 18h10, donc, et Anne n’arrive toujours pas. La place semble sympa. En retrait, écrasés par leur cravate dans des fauteuils, quelques personnes boivent leur verre en riant doucement. Je commande un truc, n’importe quoi. Je reçois une pinte de bière d’où émane une légère odeur de vanille. Il est 18h15 quand j’ouvre le Voir. À 18h45, toujours seul, après avoir lu tous les titres-jeu-de-mots de l’hebdomadaire, j’appelle Anne, pour voir. Pas de réponse. Je suppose qu’elle est en route. Je commande une bière qui sent la bière cette fois. Old style. Je demande un stylo à la brune serveuse, sympa et discrète comme je les aime. Puis, je me mets à écrire n’importe quoi. Comme je n’ai pas mon carnet, j’écris sur les pages plus claires du Voir, sur cette pub d’American Apparel qui suinte une sexualité ingénue et surléchée à force de ne pas vouloir l’être. Insupportable. J’écris des mots, puis des idées, puis un bout de chapitre… Une fois la pub remplie, j’en cherche une autre. Je trouve une page vide, une sorte de pub sur la psychihahahatrie. Je la remplie aussi. Et ainsi de suite de pub en pub. J’ai écrit comme lorsqu’on voyage à l’étranger, dans un lieu public où personne ne me connaît, perché sur ce merveilleux poste d’observation qu'est le tabouret près du zinc.
À 20h45, j’ai mal au poignet, mon verre est depuis longtemps vide, et Anne n’a toujours pas rebondi. Je fixe un billet au stylo que je laisse sur le bar, puis je pars avec mes bouts de récits écrits sur du papier journal comme autant de thérapies, libre, léger. Anne ne s’est jamais pointée car, elle me l’avouera plus tard, elle avait oublié.
Moi, sans ironie aucune, j’ai passé une superbe soirée avec une personne que j’avais perdue de vue depuis trop longtemps.
mercredi 8 février 2006
Faites l'humour, pas la guerre...
Un Musulman conservateur de Québec tanné de faire rire de lui.
samedi 4 février 2006
Aphorisme
Au Québec, la population menace de lyncher tous ceux qui présentent Jésus sans caricature.
Autres dieux, autres moeurs...
vendredi 3 février 2006
Joe déblatère et gars rage
Près de moi, une sorte d’énergumène atteint d’hyper sociabilité qui semble connaître tout le monde dans ce monde de cambouis. Il ne cesse de parler et raconte n’importe quelle de ses mésaventures. Son discours est l’équivalent sonore des images trois D dans les livres : surchargé, inintéressant, qui vous laisse avec le regard torve. Le genre de personne qui, quand plus personne ne l’écoute, continue à parler en pivotant sur lui-même à la recherche d’une oreille trop timide pour la fuite. Et voilà que Joe verbomoteur se cherche une oreille accueillante. Je dois baisser les yeux… Regarde comme le plancher est intéressant… Garde-les baissés, Dan…
Je les relève trop vite; Joe logorrhée me harponne :
- Pis là, les p’tits criss de voleurs sont partis avec mon mirouèr de porte. Criss, ç’a-tu du bon sens?
Là, il me regarde dans les yeux. Je le sens, il pense qu’on est amis.
- Hein, tu trouves-tu que ç’a de l’allure, toué?
Est-ce que quelqu’un peut me proposer une réponse intelligente à ce genre de question? Sinon, quelqu’un connaît un mécano qu’on peut consulter en cabinet privé?
mercredi 1 février 2006
Ruelle avec adresses
J’ai quitté Josée après quelques heures. J’avais cet étrange sentiment qu’on a après avoir échoué un test facile. Je marchais vers chez moi dans des ruelles obscures en évitant les flaques de lumière des lampadaires, pour me retrouver seul, pour avancer entre les sacs à ordures percés, pour pouvoir regarder dans les cuisines des gens. J’aime bien regarder dans la cuisine des gens.
Entre les rues Parthenais et Des Érables, il y a une ruelle qui se prend pour une rue. Au coin de Marie-Anne, une pancarte dit « ruelle Lafrance », mais un employé de la voirie y a maladroitement camouflé les lettres « lle ». J’ai déjà vérifié: cette rue est sur toutes les cartes de la ville. Mais c’est une ruelle, avec des clôtures un peu croches, des cabanons-niques à feu et des dos d’âne usés, une vraie sauf qu’ici et là, une adresse est accolée près de la porte d’un cabanon, pour faire comme si.
Le monde des blogues, c’est un peu une ruelle; le monde derrière les façades où jouent les enfants, où jonchent des déchets, où flottent comme des drapeaux les sous-vêtements et où l’on peut regarder dans les cuisines le soir venu. C’est surtout une ruelle qui se prend pour une rue, avec des plaques numériques vissées à des cabanons de tôle rouillée.
Mais je ne sais toujours pas ce que j’y fais.
lundi 30 janvier 2006
Attention, je vous écoute...
Virginie Larivière
dimanche 29 janvier 2006
Le Parti Rhinocéros
Ce qui ressort de tout ce que j'ai lu et entendu, c'est la pensée magique, l'aveuglement volontaire des partisans conservateurs: ils votent pour la droite pour un ménage économique, et ils se disent que le reste (militarisme, homophobie et sexisme latents, «God bless Canada» et autres) ne sont au pire que des dommages collatéraux, au mieux que des politiques et des façons de penser qui ne trouveront jamais terreau fertile ici. Parce qu'il y a des garde-fous pour lesquels quelques autres ont voté…
J'ai longtemps pensé que la politique du pire (lire Harper) aiderait la cause souverainiste. Je n'en suis plus si sûr. Parce qu’un gouvernement minoritaire sera gentil gentil, puis il reviendra à la charge, cette fois majoritaire. Ça lui laissera quelque chose comme six années pour semer, cultiver, engraisser ses idées de droite dans les petites têtes parfois molles. Je ne suis plus sûr que c'est une bonne idée parce que je n'avais pas prévu que les Conservateurs auraient quelques appuis ici, au Québec, ce toujours Bas(sic!) Canada. Dans six ans, ils seront combien à s’être habitués à ces idées au point de les trouver «pas si pire, finalement»?
J'en entends dire qu'ils ne prendront que le meilleur d'Harper et qu'ils jetteront le reste quand le reste se pointera. Aveuglement volontaire, je disais. Moi, j'ai l'impression d'assister à une inquiétante représentation de Rhinocéros de Ionesco; je ne vois que la corne qui pousse sur le front de ceux qui se croyaient à l’abri.
mercredi 25 janvier 2006
L'Incroyable Science
mardi 24 janvier 2006
Histoire à f'Harper
Peut-être est-ce mon âge ou mon sens de l'humour qui a changé, mais aujourd'hui, un pays qui flashe à gauche et tourne à droite, je trouve ça difficile à suivre... et vachement inquiétant.
mercredi 18 janvier 2006
Énigme
Allez, sans googler, pour le fun de lire vos idées...
Comme la lune
vendredi 13 janvier 2006
Prêt à emporter
Ce mercredi, Yvette a gagné 240$ au bingo. C’est ce qu’elle m’a fièrement raconté en revenant chez elle. Elle se considère pas mal chanceuse. Puis elle a dû me quitter parce que ses jambes lui faisaient souffrir le martyre. Dans un sourire écarlate, elle m’a dit bonsoir avant de refermer sur elle la porte de son deux et demi où le téléphone, comme la sonnette, ne résonne jamais.
lundi 9 janvier 2006
Actualité québécoise
dimanche 8 janvier 2006
Et flotte le drapeau.
vendredi 6 janvier 2006
Attention, je vous écoute... Spécial jefferies
«Le problème des strings à l'école, j'aimerais bien mettre le doigt dessus.»
«Je l'ai compris après l'avoir pensé.»
«Il part en lion, finit en girafe.»
jeudi 5 janvier 2006
Il pleut des coups
Sur le coup de 20h, dernier coup de cœur pour finir mon coup. Du même coup, de grâce. Ça tient le coup et en vaut le coup d’œil. Avec ces armoires pour couperose en bouteilles, je serai dans le coup.
Coup de fil aux copains; en un coup de vent, je file prendre un coup, fier du mien.
lundi 2 janvier 2006
Des Petits Gros et l'heure des boires
Ainsi, si on verse plus d'alcool dans les contenants petits et larges, les petits gros ont enfin un avantage sur les grands minces.
vendredi 30 décembre 2005
Aphorisme
mercredi 28 décembre 2005
Des Coquilles et quelques écales
«Le monde du cinéma a connu le relâchement des films Star Wars (...)»
C'est vrai qu'ils se sont relâchés un peu...
«En 1949, l'empereur Mayo bannit le bandage des pieds en Chine.»
Cette coutume avait été instaurée par l'empereur Tomato Ketchup.
«Le père donnait des cours de piano à ses enfants et il les faisait tester toutes les fins de semaine».
Ça vaut mieux; ils ne sont plus aussi fiables que ceux de notre temps.
«Le roman de Vigneault est rempli de références musicales qui embellissent la beauté du texte.»
C'est tellement beau que ça embellit le déjà beau. C'est beau, beau, beau.
«John Wayne Bobbit est opéré dès les retrouvailles du pénis.»
C'est sûrement plus excitant que les retrouvailles des membres du club de dames de la polyvalente Euclide-Théberge cuvée 1983.
«Il la maltraitait autant sexuellement que quotidiennement.»
Il la frappait dans les parties quotidiennes.
«Le livre possède une histoire enchaînante avec des personnages attachants.»
On ne pouvait s'enlacer...
lundi 26 décembre 2005
«Simple et rapide»
L’homme a regardé sa femme, le regard dans une buée à mi chemin entre le découragement et la rage. Il ne restait plus qu’à tranquillement rentrer à la maison. Ils n’ont pas beaucoup parlé ce soir-là.
Le lendemain, à l’ouverture du centre d’achats, le couple était à nouveau devant le numériseur. Cette fois, la femme avait un plus petit sac, et l’homme a numérisé et imprimé son contenu en moins d’une heure avant de rentrer chez-lui heureux, en tenant sa femme par la main. Les deux amoureux sont revenus au centre tous les matins suivants, pour une heure chaque fois, et chaque fois, ils repartaient avec le sourire et leur petit sac. Puis le samedi matin, une grosse fausse blonde trop maquillée était à la machine. Les retraités avaient fini leur boulot.
* *
Ce Noël, entre autres cadeaux, mes parents m’ont donné un album photo personnalisé avec contenu fraîchement numérisé, recadré, recoloré: moi à mon baptême dans les bras de mes grands-parents; moi et mes amis à ma fête de cinq ans; ma mère qui tente de convaincre ses enfants de prendre une belle pose pour la postérité alors que nous faisions des grimaces, moi assis sur un cheval tandis que mon père tenait les guides… J’ai calculé rapidement que mon père avait 36 ans sur cette photo. Mon âge aujourd’hui. Puis une photo de mon petit frère et moi dans notre «suit» de baseball… J’ai toujours haï le baseball. Pourtant ce Noël, j'ai été ému à la vue de cet uniforme et de mon gant trop grand. Ces photos montraient ce que des yeux étrangers ne verraient jamais.
Ce Noël, j’ai probablement eu un des plus beaux cadeaux. Et un cadeau comme ça, ce n’est jamais simple et rapide.
mercredi 21 décembre 2005
Les Rois déchus de la montagne
À Montréal, j’ai vite compris que les montagnes de neige n’étaient pas aussi ludiques. Quand on les laissait quelques jours sur le bord des trottoirs, des enfants s’y glissaient comme la vermine s’immisce dans les ordures, et immanquablement, quelques-uns se faisaient manger par une souffleuse au conducteur un peu édenté, en bédaine dans sa cabine vitrée. Alors on s’est vite convaincus qu’il fallait enlever la neige tout de suite dans un ballet mécanique impressionnant. J’ai passé toutes mes premières neiges montréalaises appuyé au rebord de la fenêtre pour regarder les chenillettes déblayer le trottoir, puis un tracteur pousser la neige dans la rue, la charrue la repousser sur le bord, une première souffleuse la projeter maladroitement dans des camions dignes de la baie James. Puis tout recommençait une autre fois, parce que les camions bavaient, parce que la souffleuse ne savaient pas quand s'arrêter de souffler, parce qu’il en restait un peu partout. Et derrière tout cela, des automobilistes roulaient à vitesse réduite pour profiter d’une place de stationnement toute neuve juste devant leur porte, luxe urbain éphémère, et ces derniers rentraient chez-eux enorgueillis en se disant que c’est don’ beau, une belle rue propre propre.
Hier, j’ai regardé cet étrange ballet une autre fois. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas fait. Je l’ai trouvé bien triste. Peut-être est-ce l’âge, peut-être est-ce la paternité qui s’en vient, mais j’aurais échangé tous les tracteurs de la ville pour m’asseoir devant ma fenêtre et regarder des enfants conquérir des forteresses de neige. Des forteresses faussement menaçantes qui empêchent les voitures de se stationner et qui redonnent les jouets oubliés au printemps.
Peut-être devrais-je descendre dans la rue, m'emparer d'une montagne en y construisant un fort, puis y planquer un tas de munitions en balles de neige, et la défendre contre les charrues jaunes conduites par des hommes bronzés en hiver. Il est fort à parier que mes voisins me trouveraient débile. Vous n'avez pas idée à quel point ça me rassurerait... Des volontaires? Il me manque des grenadiers et des lanciers avec des couilles grosses comme ça. Un cuistot aussi. Envoyez vos c.v.
lundi 19 décembre 2005
Aphorisme
jeudi 15 décembre 2005
Aphorisme politique
mardi 13 décembre 2005
L'addition, s'il vous plaît!
Je dois les faire au café du quartier, un chaleureux mélange de fripperie et de café, afin de ne pas fuir dans de soudaines urgences ménagères telles que laver le plancher de l’entrée ou remplacer la pile de la télécommande orpheline qui ne fonctionne avec aucun appareil de la maison.
Avant la mise en chantier, je fais des petites piles sur ma table, je trie par groupe, j’aligne les stylos – un bleu pour la colère, un vert pour l’espoir, un rouge pour le sang – puis je retrie les travaux comme je planifie mes assiettées: les légumes en premier, ensuite les pâtes, la viande et le dessert, puis apparaît la note. Une grosse heure de préliminaires. Même Dame V. n'y croit pas. Mais je me trompe souvent et je me retrouve avec des haricots entre deux bouchées de gâteau, et une sauce chocolatée sur ma laitue.
Un jour, je vous raconterai les grilles de correction que j’utilise pour mes repas. D’ici là, j’ai un premier service à me mettre sous la dent…
lundi 12 décembre 2005
Liberté et Puissance
À la hauteur de l’avenue Woodland, entre deux poteaux du garde-fou au centre de l’autoroute, il y a le cadavre d’une jeune biche, frappée par un véhicule il y a quelque temps déjà. Chaque fois que je passe par là, je me répète les mêmes trucs, dans le même ordre. Primo : il y a des cervidés à Beaconsfield? Secundo : elle aurait dû rester dans son ravage. Traverser une autoroute, quand on est un chevreuil, ce n’est jamais une bonne idée.
Pendant que je roule à 110 km/h, je me demande qui de nous deux est le plus brillant. Tous les jours, je suis une voie toute tracée, goudronnée, balisée. Quand je m'emmerde trop, je mets deux roues dans l’accotement, de l’autre côté de la ligne, pour prendre un peu plus que ce qu'on m'a donné. Mais même là, je demeure en marge, dans cet espace qui se définit par la norme, à mille lieux de ce dont je rêve parfois, un esprit libre qui n’est en réaction à rien. Je ne suis pas cette entité qui va où elle veut, où elle espère l’herbe plus verte, qui se fout des sens uniques et des garde-fous pour gens sains, et qui parfois traverse une autoroute devant le faisceau étroit des phares d’une voiture.
Tous les matins, malgré ses grognements et sa suspension assistée, ma boîte de tôle n’arrive pas à me faire oublier qu’elle roule avec le sang de la liberté sur sa puissance froissée.
vendredi 9 décembre 2005
Attention, je vous écoute...
«Ça te sort par une oreille, et ça te sort par l’autre.»
Véronique Boily
jeudi 8 décembre 2005
En Marge
Pendant que je buvais ma bière avec des amis, eux, ils discutaient du dernier recueil de poésie de Jean-Philippe Bergeron, Débris des ruches. Enfin, j'ai supposé. Le livre semblait triste car ça ne riait pas beaucoup dans leurs rangs. Pendant que le groupe se serrait comme un troupeau de pingouins à 50 sous zéro, Bergeron m’a autographié son recueil que je souhaite aussi bon que le premier. Si c’est le cas, je suis mûr pour une retraite fermée de quelques semaines chez les moines. Qu’on ne se méprenne pas, c’est positif.
Puis le groupe s'est étiolé, tout le monde est parti, moi y compris. Je n’ai parlé à personne habillé en noir ce soir là. Un jour, je leur dirai qu’ils ont l'air chiants et imbus d’eux-mêmes. Dans le même élan, je leur dirai aussi de ne pas changer.
mardi 6 décembre 2005
Libéral 1, Bloc 0 (1 pt Godwin de Lapierre - qui perd gagne)
La loi de Godwin
«En 1990, Mike Godwin énonça la règle empirique suivante : "Plus une discussion [...] dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison avec les nazis ou avec Hitler s'approche de 1"[...]
On peut remarquer que n'importe quoi peut remplacer le nazisme dans l'énoncé de cette loi, en effet plus une discussion est longue plus on a de chance d'y mentionner n'importe quoi.
Cette "loi" s'appuie sur l'hypothèse selon laquelle une discussion qui dure dans le temps amène peu à peu les esprits à s'échauffer et à remplacer les arguments par des insultes. Le nazisme étant souvent considéré comme la pire des idéologies, toute comparaison avec un mouvement de ce genre est considérée comme le signe de l'échec de la discussion, du moins si le sujet de départ était très éloigné. On estime alors qu'il est temps de clore le débat, dont il ne sortira plus rien de pertinent, pour repartir sur des bases saines. On dit alors qu'on a atteint le point Godwin de la discussion.
L'expression point Godwin a, par extension, également pris un autre sens : un point Godwin est un point donné au participant qui aura permis de vérifier la loi de Godwin en venant mêler Hitler, le nazisme ou toute idéologie haineuse à une discussion dont ce n'est pas le sujet.»
(tiré de Wikipedia - Merci au Laborantin!)
Au delà de cette information amusante, je voudrais souligner la magnifique prestation théâtrale de Paul Martin dans le rôle du gars qui fait pitié mais qui va fêter courageusement Nouelle à Monrial quand même, en famille s'il vous plaît, malgré tout.
lundi 5 décembre 2005
Réflexions sur la lenteur
La lenteur, c’est tout ça, le retard et le désir, c’est le voyage comme unique motif.
Et parfois, après un soupir, on se surprend d’être arrivé avant même d’être à quai.
mercredi 30 novembre 2005
Monstres
Texte écrit pour Coïtus Impromptus
Il fut une époque où chaque soir, au coucher, je sautais dans le lit du plus loin possible, avec un élan de gymnaste depuis
Une fois dans le lit, je me couchais dans cet espace restreint en plein centre du matelas, espace que j’espérais hors de portée des tentacules du monstre qui lui, ne sortait jamais de sa tanière. Puis j’essayais de m’endormir, les couvertures jusqu’aux yeux comme unique rempart jusqu’au lendemain. Certains soirs, je pourrais le jurer, je l’entendais respirer. Je l’imaginais sourire, attendant patiemment l’apparition d’un de mes mollets, et il susurrait «Il n’y a rien sous le lit. Laisse pendre ton bras, tu verras…Juste deux secondes…» Cet être vil tentait d’attirer les âmes pures pour les consommer comme du maïs en épi. Il était gluant, cruel et sans pitié, comme le sont tous les monstres sous tous les lits de tous les enfants du monde. Cette menace constante finit par développer chez moi une vessie en acier et un sentiment de soulagement qu’il m’arrive encore de ressentir quand je vois l’aurore poindre. Car les monstres ne se dévoilent jamais au grand jour.
Mes tactiques poltrones furent sans doute efficaces puisque jamais une monstrueuse papille ne m’a goûté, ne serait-ce qu’un orteil.
Bien qu’avec le temps le souvenir de ce monstre se soit un peu émoussé, il m’arrive encore aujourd’hui d’y croire l'instant d’un soupir malgré mon bon sens d’adulte, malgré l’indécrottable incrédulité qu’apporte la maturité, malgré tout. Je me dis parfois que les monstres sous les lits ne disparaissent jamais vraiment, qu’ils nous suivent comme une tache de naissance, et nous écoutent, nous épient, nous voient devenir adultes. Et qu’un jour, à force de nous observer, redoutant à leur tour le monstre qu'est devenu celui qui ronfle sur l’oreiller au dessus d’eux, ce sont eux qui s’endorment inquiets dans ce petit espace au centre du lit.
lundi 28 novembre 2005
Belles trouvailles!
Dans ce petit bouquin, Daniel et moi avons colligé coquilles, boulettes et autres amusantes citations relevées ici et là dans les travaux d'étudiants. Des dizaines voire des centaines de citations amusantes dont certaines datent de 1997, de quoi nourrir ce blogue jusqu'en juin 2012...
Allez, quelques unes, juste pour rire. Je vous avertis, je les recopie telles quelles.
«Fajardie est né en 1947 (...) Question de prendre un peu d'expérience, il décida de prendre part à la Révolution française avant de commencer à écrire.»
Chérie, je vais faire un peu la révolution et je reviens en fin d'après-midi!
«L'histoire nous est racontée de sorte à ce qu'elle se déroule au fur et à mesure qu'elle se passe.»
Rien de pire qu'une histoire qui est rendue à la page 122 alors qu'on n'en est qu'à la page 20.
«La vieillesse devient une maladie et grand-mère meurt.»
Ça, c'est juste beau...
«Après des années, les jumeaux grandissent.»
Pouf!
«Depuis des siècles, les gens ressentent le besoin de croire qu'il faut savoir lire. (...) On a t'il besoin de savoir lire?»
Lire, je ne sais pas. Écrire par contre...
«La femme de Henri Napoléon est massacrée à mort par un tournevis (...) et elle fut aussi violée.»
L'histoire ne dit pas par quel outil.
«C'est souvent ce que l'on cherche pas qui nous tombe sous les bras!»
Moi, j'ai connu une femme qui ne cherchait pas de poils.
«Kristof a en son actif de nombreuses pièces de théâtres, dont Hier, qui est, en plus, un roman.»
Un 2 pour 1.
«Kristof est née en hongrois.»
Poustijik! Pouuusjitik! Pouuuuuuuuustijik! Tadamtijik! Ouintijik! Ouintijik!
«Les frères viennent en aide à leurs problèmes!»
Merci d'être venu; ça va bien depuis deux jours et je ne sais plus quoi faire...
Bon, j'arrête avant de vous tanner. Mais permettez-moi de continuer la lecture de mon bord...